Juste après le cacho-fio (allumage de la bûche lors de la veillée de noël) (voir billet d'hier), a lieu le Gros Soupà (gros souper). Comme son nom ne l'indique pas, c'est un repas maigre, en attendant d'aller à la messe de minuit, composé de légumes et de poissons.

On prépare la table : on met trois nappes (pour la Sainte Trinité ou pour la naissance, l'Epiphanie et la circoncision, les explications divergent selon les "coins" de Provence), de taille décroissante : la première pour le Gros Souper, la seconde pour le repas de Noël (repas "riche" : avec des viandes) et la dernière, pour le soir du 25, où l'on dînera des restes.
Attention cependant, le soir, on vérifie les nappes : il ne faut pas que les pans de la plus grande nappe touche le sol : sinon, c’est le diable qui va en profiter et monter sur la table pour y manger les restes. La maîtresse de maison secouera la nappe dehors car les miettes du repas sont considérées comme bénéfiques et les jeter dans le jardin est le signe de futures récoltes fructueuses.

En centre de table, on dépose la plus jolie des trois coupelles de blé de la Sainte Barbe (les autres sont disposées dans la crèche), une branche de houx à boules rouges  (symbolisant le bonheur). On allume trois bougies (pour la Sainte Trinité) et parfois des roses de Jéricho (différentes des "roses de noël"). On allume également trois bougies (Sainte Trinité) (les quatre bougies sont pour les quatre dimanches de l'Avent et c'est une tradition "du nord" !!!!!) (les bougies doivent être neuves et durer jusqu'au premier de l'an, comme la bûche du cacho-fio). Dans certaines familles, on disposait de la paille sous la table, en souvenir de la crèche où naquit l'enfant Jésus.

Le pain calendal est disposé sur la table, au centre. Il en sera coupé trois parts : la part du pauvre (en Provence, le pauvre est le mendiant mais dans ce cas, à Noël, c'est aussi les défunts de la famille), la part des convives et la troisième part sera conservée dans le garde-manger (symbole de prospérité : il y aura toujours du pain à table).

Seront dégustés en abondance (même si c'est un repas maigre), sept plats maigres de poissons et de légumes (comme les sept douleurs de la Vierge), le plat traditionnel étant la morue séchée, en raquettes salées. On se régale aussi de tians de légumes  (flans de légumes), d'escargots, de soupe à l'aïl [avec l'anchoïade, quelle bonne haleine !], des anguilles, de la brandade de morue avec pommes de terre, ...
On déguste donc volontiers l'anchoïade.
C'est une pommade qui accompagne poissons et légumes (chauds ou froids). Traditionnellement, le chou-fleur, la carde, le céleri, l'artichaut, la pomme de terre (chaude)
On y ajoute de nos jours des carottes en bâtonnets.
(en été : on peut y ajouter des tomates cerises, du concombre, etc. L'anchoïade est délicieuse fraîche - et légère - à déguster sous le cagnard).

En bout de table, on dispose les treize desserts que l'on dégustera au retour de la messe de minuit.  

Anchoïade de ma maman

anchoiade
(Yahoo Images)

Pour un apéritif sympa en été, c'est parfait aussi !

4 à 6 filets d’anchois à l’huile ou au sel (dans ce cas il faut bien les dessaler)
2 verres d’huile d’olive
1 grosse gousse d’ail
1 cuillère à café de câpres (facultatif) [meilleur !]

Faire fondre doucement les anchois dans un peu d’huile d’olive puis ajouter, petit à petit, le reste d’huile puis la gousse d’ail finement écrasée et - éventuellement – les câpres finement pilées.

Pour accompagner viandes ou poissons grillés et, bien sûr, comme sauce de légumes crus (carottes, bouquets de chou-fleur, branches de céleri, quartier de tomates, feuilles d’endives, champignons de Paris crus en quartiers, etc.

(perso, je l'achète toute faite !)

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