L'Oiseau-Lyre (ou l'Oiseau-Lire)

"La lecture, une porte ouverte sur un monde enchanté" François Mauriac

02 décembre 2009

L'ennemi dans le miroir

Fjenden i spejlet

Leif DAVIDSEN

Editions Gallimard (Folio Policier), 2008
523 pages

ennemiPrésentation de l'éditeur 

Dans le désert de Death Valley, en Arizona, un homme encore jeune rentre d'une semaine passée à faire le guide de survie pour des touristes japonais. Il se réjouit de retrouver la vie de citoyen modèle américain qu'il s'est patiemment construite. Il est compétent, discret, propre sur lui. Il a femme, travail et enfants. Personne ne sait que derrière cet anonymat fragile se cache un vétéran de la guerre de Bosnie traqué pour un nombre impressionnant de meurtres sous contrat. Personne ne sait les cauchemars qui le hantent ni qu'il répond au prénom de Vuk, mieux connu par toutes les polices sous le surnom du Danois serbe. Personne... jusqu'à ce que les attentats du 11 Septembre ébranlent le monde. Rattrapé par son passé, mis au secret, Vuk est obligé de reprendre du service. Les hommes qui le tiennent sont américains. Ils ne lui laissent aucune chance...

Biographie de l'auteur
Leif Davidsen, né en 1950, est danois. Après avoir sillonné l'Europe (grand reporter dans les pays de l'Est pour Radio Danemark), il s'est consacré pleinement à l'écriture de thrillers aux intrigues basées sur son excellente connaissance des pays de l'ex-URSS Gaïa Editions a déjà publié en France huit de ses romans dont La photo de Lime, La femme de Bratislava ou Le Danois serbe.

Mon avis
Ce roman fait suite au Danois serbe (que je n'ai pas lu), mais cela ne gêne en rien la lecture.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont eu des répercussions aussi au Danemark. Petit pays, qui ne semble pas a priori impacté. Mais une cellule se crée au sein des services secrets danois, composé d'espions auxquels se joint une jeune femme d'origine arabe.
Bien sûr, quelques clichés (au goût de madeleine pour moi) sur le Danemark, comme manger au kiosque un hot-dog (sur la Rådhus Pladsen) (place de la mairie). On trouve beaucoup de kiosques (des chariots, comme on peut en voir dans les films américains) où l'on peut manger des hot-dogs (qu'est-ce que j'ai pu en manger, même au sortir d'un café ou du cinéma !) ou des glaces
(même en plein hiver).
(c'est peut-être la raison pour laquelle on peut déguster des hot-dogs derrière les caisses du grand suédois...).

On y voit une description de la société danoise, de la façon de voir les immigrés par les Danois de souche ; pas du racisme, mais de la "non connaissance" de l'autre. Mais l'auteur montre aussi le point de vue de la jeune femme, partagée entre ses deux cultures et le monde qui les sépare.

Deux histoires : celle de cette cellule, avec Per Toftlund, commissaire et espion, et le Danemark et l'histoire de Vuk, ce Danois aux origines serbes, recherché sur tous les continents et recruté par la CIA. Vuk et Per Toftlund, serait-ce l'histoire qui recommence ? (dans le Danois serbe).

Bref : même sans ce goût de madeleine, un polar riche : en évèments, aux personnages bien brossés, des histoires personnelles qui s'emmêlent et se démêlent, des paragraphes riches d'enseignement sur la religion musulmane, sur le système de prêt "bancaire" (l'auteur connaît son sujet).

On est impatient d'arriver au bout, de connaître la fin.

J'ai beaucoup aimé !

46397139_p

Posté par Lystig à 13:44 - Auteurs en D - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 novembre 2009

Dimanche poétique # 8

une nouvelle poésie apprise par Grand Ange (cp) que nous récitons ensemble en voiture.

Dans notre ville, il y a
Des tours, des maisons par milliers,
Du béton, des blocs, des quartiers,
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
Tout bas.

Dans mon quartier, il y a
Des boulevards, des avenues,
Des places, des ronds-points, des rues,
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
Tout bas.

Dans notre rue, il y a
Des autos, des gens qui s'affolent,
Un grand magasin, une école.
Et puis mon cœur, mon cœur qui bat
Tout bas.

Dans cette école, il y a
Des oiseaux chantant tout le jour
Dans les marronniers de la cour.
Mon cœur, mon cœur, mon cœur qui bat
Est là.

Jacques Charpentreau (1928) est un écrivain et poète français.
Jacques Charpentreau est né aux Sables-d'Olonne. Il a été instituteur, puis professeur de français dans le 13e arrondissement de Paris (collège Moulin-des-Prés). Son œuvre compte une trentaine de recueils de poésies, dont la Fugitive mais aussi des contes, des nouvelles, des essais et des dictionnaires. Il est un fervent défenseur de la poésie auprès et pour la jeunesse, et de nombreux poèmes de sa plume sont appris dans les écoles. Il préside aux destinées de la Maison de Poésie. (d'après wiki*pedia)

D'autres découvertes poétiques chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Amos, Esmeraldae, Bookworm, Emma, Julien, Marie, Yueyin, Soie, Alex ...

Posté par Lystig à 08:00 - Poésie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

25 novembre 2009

La Voix

Arnaldur Indridason

400 pages
Editions : Points (2008)

la_voixPrésentation de l'éditeur

Mauvaise publicité pour l'hôtel de luxe envahi par les touristes ! Le pantalon sur les chevilles, le Père Noël est retrouvé assassiné dans un sordide cagibi juste avant le traditionnel goûter d'enfants. La direction impose la discrétion, mais le commissaire Erlendur Sveinsson ne l'entend pas de cette oreille. Déprimé, assailli par des souvenirs d'enfance douloureux, il s'installe dans l'hôtel et en fouille obstinément les moindres recoins...

Biographie de l'auteur

Né en Islande en 1961, journaliste et critique de cinéma, Arnaldur Indridason est l'auteur de plusieurs romans noirs, véritables best-sellers internationaux. La Cité des Jarres et La Femme en vert, Grand Prix des lectrices de Elle 2007, sont disponibles en Points.

Mon avis ?

Chouette, un polar du froid ! (je varie les plaisirs, pas un polar scandinave, mais nordique*, pour une fois !).
On y retrouve avec délices le froid, le sombre, la nuit, la lumière, le mal-être, les questionnements, bref, tout ce qui fait "nordique" (mais pas les litres de (mauvais) café dans le thermos comme en Scandinavie !!). J'ai commencé sans le savoir par l'opus 3, je vais me pencher sur les précédents.

Je varie les plaisirs dans le polar, mais j'aime bien le "nordique" !!!!
Le style est selon moi plus intimiste, moins manichéen, moins brut de pomme que les américains.
Et cela a pour mois aussi comme un petit goût de madeleine... (voir bientôt billet sur l'Ennemi dans le Miroir)

(promis, je vais rédiger bientôt un billet sur la trilogie Millenium).
(et je vais attaquer les deux grands auteurs qui ont "lancé" le polar en Suède et ont inspiré Henning Mankell et Arnaldur Indridason, entres autres : Maj Sjöwall et Per Walhöö)

(* Rappel (je sais, je le prends à coeur) : Scandinavie = Danemark + Norvège + Suède ; "Norden" (= le Nord) = pays nordiques = Scandinavie + Finlande + Islande. Moyens mnémotechniques : Scandinavie = les trois royaumes ; pays nordiques = y ajouter les deux républiques (ou les deux pays qui se terminent pas "lande")

Arnaldur_Indridason_2004
(photo : wikipedia)

46397139_p

Posté par Lystig à 13:44 - Auteurs en I - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

22 novembre 2009

Dimanche poétique # 7

La poésie d'Emmyne (ici) la semaine dernière m'a rappelé celle-ci, très connue, mais chargée de souvenirs scolaires.

Guillaume Apollinaire
(1880 - 1918)

Le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

pont_mirabeau
Pont Mirabeau, par Nadar (1020-1910)
(série des ponts : 1893-1896)
(BNF, voir
ici)

D'autres découvertes poétiques ici.

Posté par Lystig à 08:00 - Poésie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

20 novembre 2009

Il n'a jamais tué personne, mon Papa

Jean-Paul FOURNIER

Le Livre de Poche, 1999
150 pages

jamais_tu_Présentation par amazon.fr

C'est l'histoire d'un papa singulier, racontée par son fils sur le mode de la simplicité et de la naïveté. Un papa qui est docteur dans une ville de province, qui soigne des gens qui ne le payent pas mais lui offrent toujours à boire ; un papa qui finit ses journées fatigué et saoul, plus porté sur la bouteille que sur l'ordonnance ; un papa qui se cache derrière le piano de son cabinet, blagueur insupportable, à la fois j'menfoutiste et irresponsable, distrait, oubliant sa voiture dans un champ de betteraves ; un papa colérique qui menace de tuer la maman, "pas méchant, seulement un peu fou quand il avait beaucoup bu. Il a jamais tué personne, mon papa, il se vantait". Voilà un récit vif et amusant, cruel, tout en délicatesse et sensibilité, qui avance en bonds et rebonds, au fil des souvenirs toujours plus précis, plus implacables sur le père, sublime figure tragi-comique. A la manière de Je me souviens de Georges Pérec, Jean-Louis Fournier raconte un père qui ne manque pas d'amour, qui se cherche longtemps, avant de se retirer, désabusé et désoeuvré, au coeur d'une famille pas comme les autres, où tout est drôle à force de noirceur, de drames sans cesse répétés, de gaucheries et de maladresses. (Céline Darner, amazon.fr)

Mon avis

L'alcoolisme qui détruit un homme et sa famille vu par des yeux d'enfant.
Simple, poignant.

Vite lu, mais l'histoire ne s'oublie pas.

Astrid/Toinette en a parlé ici.

objectif_pal (voir ici)

Posté par Lystig à 12:04 - Auteurs en F - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

18 novembre 2009

Tag !

En provenance de chez Alex, Mots-à-Mots...
(tu vois les points communs ?)

Il s'agit de dire quelles sont les 7 choses qui rythment mon automne.

1/ L’automne, fin de la période chaude. Finies les grosses chaleurs.

2/ Renouveau, nouveau départ : rentrée des classes, période où l’on doit clore l’année (au travail), de nouvelles idées, de nouvelles envies (plus lire !).

3/ Les couleurs de l’automne : je ne m’en lasse pas. Promesse de gelées, de neige qui changeront mon jardin. Promener. Envoyer valdinguer les feuilles mortes qui crissent sous les pas. Sentir l'écume de la mer. Dans la région, il fait encore bon, il y a moins de monde… Ressortir les vêtements chauds (et la polaire dont on n’a pas besoin dehors à 14h, mais à 17h)

4/ Arrive la période calendale (= période de l’Avent, mot provençal) : je vais pouvoir ressortir ma crèche et mes santons ! Visiter les marchés de Noël (et caler une visite chez ma sœur pour aller à celui de Montreux (VD, Suisse) ! ). Et voir s’illuminer les yeux des enfants.

5/ Gâteaux, biscuits, chocolat ! Avoir envie d’en faire et en faire. Manger des châtaignes grillées dans la cheminée.

6/ Se dire que tout ça, c’est trop bon… mais moins pour la ligne ! (et en outre, plusieurs anniversaires… )

7/ Profiter des vacances de Toussaint et des week-ends pour se retrouver en famille : un peu de cocooning, des châtaignes, des grignotages, des jeux, bref des moments de petits bonheurs tous les 4 !

Avant l'hiver, laquelle de vous reprendra ce tag ?

Posté par Lystig à 16:00 - Divers & d'été - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

16 novembre 2009

De l'art de dire des co...ries

(on Bullshit)

Harry G. Frankfurt

Editions 10/18
2006
77 pages

de_l_art_de_direBiographie de l'auteur

Harry G ; Frankfurt, spécialiste renommé de philosophie morale, est professeur émérite à l'université de Princeton. Il a publié, entre autres ouvrages, The Reasons of Love, Necessity, Volition and Love et The Importance of What We Care About.

Quatrième de couverture

"L'un des traits les plus caractéristiques de notre culture est l'omniprésence du baratin..." Harry G. Frankfurt.

Mon avis

Des synomymes de c..., baratin, fumisterie, mensonge, la différence avec déco..ade, bof... mis à part qu'apprendre que Saint Augsutin distinguait 7 formes de mensonge... aucun intérêt à lire ce livre.
Dans son avant-propos de ce texte destiné à une société savante de Yale où il enseignait, l'auteur écrit que son éditeur lui suggère d'en faire un livre. Il lui objecte que le texte est un peu court. Réponse de l'éditeur : " on peut jouer sur les marges, sur les polices de caractère et sur la taille des pages ". Ce qui a été fait. N'appelle-t-on pas par ailleurs cela du "remplissage" ?

objectif_pal(voir ici)

Posté par Lystig à 16:02 - Auteurs en F - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

15 novembre 2009

Dimanche poétique #6

Une autre chanson de Boris Vian dont la musique reste en tête...

Fais moi mal, Johnny

Il s'est levé à mon approche
Debout, il était plus petit
Je me suis dit c'est dans la poche
Ce mignon-là, c'est pour mon lit
Il m'arrivait jusqu'à l'épaule
Mais il était râblé comme tout
Il m'a suivie jusqu'à ma piaule
Et j'ai crié vas-y mon loup

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Envole-moi au ciel... zoum!
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Moi j'aim' l'amour qui fait boum!

Il n'avait plus que ses chaussettes
Des bell' jaunes avec des raies bleues
Il m'a regardé d'un oeil bête
Il comprenait rien, l'malheureux
Et il m'a dit l'air désolé
Je n'ferais pas d'mal à une mouche
Il m'énervait! Je l'ai giflé
Et j'ai grincé d'un air farouche

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Je n'suis pas une mouche... zoum!
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Moi j'aim' l'amour qui fait boum!

Voyant qu'il ne s'excitait guère
Je l'ai insulté sauvagement
J'y ai donné tous les noms d'la terre
Et encor' d'aut's bien moins courants
Ça l'a réveillé aussi sec
Et il m'a dit arrête ton char
Tu m'prends vraiment pour un pauv' mec
J'vais t'en r'filer, d'la série noire

Tu m'fais mal, Johnny, Johnny, Johnny
Pas avec des pieds... zing!
Tu m'fais mal, Johnny, Johnny, Johnny
J'aim' pas l'amour qui fait bing!

Il a remis sa p'tite chemise
Son p'tit complet, ses p'tits souliers
Il a descendu l'escalier
En m'laissant une épaule démise
Pour des voyous de cette espèce
C'est bien la peine de faire des frais
Maint'nant, j'ai des bleus plein les fesses
Et plus jamais je ne dirai

Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Envole-moi au ciel... zoum !
Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny
Moi j'aim' l'amour qui fait boum !

D'autres découvertes poétiques ici

Posté par Lystig à 09:40 - Poésie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

10 novembre 2009

Deux petites filles en bleu

Mary Higgins Clark

380 pages
Livre de Poche (2008)

2_petites_filles_en_bleuPrésentation de l'éditeur

Goûter d'anniversaire chez les Frawley : on fête les trois ans des jumelles, Kelly et Kathy. Mais, le soir même, de retour d'un dîner, les parents sont accueillis par la police : les petites ont été kidnappées. Après avoir rassemblé les huit millions de dollars de la rançon, Steve et Margaret entrent en contact avec le ravisseur. Le jour de l'échange, cependant, seule Kelly est là. Qu'est-il advenu de Kathy ? Alors que tout espoir semble perdu, Kelly affirme que sa sœur est bien vivante, comme si les enfants communiquaient par télépathie... Jamais, depuis Un cri dans la nuit, Mary Higgins Clark n'avait plongé le lecteur dans un tel cauchemar : celui des rapts d'enfants.

Biographie de l'auteur

Tout d'abord secrétaire puis hôtesse de l'air, ce n'est qu'à la mort de son mari que Mary Higgins Clark se lance dans la rédaction de scripts pour la radio, puis de romans. Son premier ouvrage est une biographie de George Washington. Elle décide alors d'écrire un roman à suspense. La Maison du guet, qui devient son premier best-seller. Encouragée par le succès, elle continue à écrire tout en s'occupant de ses enfants. En 1980, La Nuit du renard obtient le Grand Prix de la littérature policière. Mary Higgins Clark prend alors son rythme de croisière et publie un titre par an, toujours accueilli avec le même succès par le public. Elle est traduite dans le monde entier et plusieurs de ses romans ont été adaptés pour la télévision. Depuis quelques années, elle cosigne des ouvrages avec sa propre fille, Carol Higgins Clark.

Mon avis

Deux mots : efficace et attendu !
Bien écrit, suspense construit.
Le style est maîtrisé, l'écriture fluide aussi : efficace.
Mais fin attendue.
(pécision suite au commentaire d'Alex : quand j'écris attendue, parce que tout se dénoue dans les dernières pages, tout est bien qui finit bien, les méchants et les gentils, très manichéen, très américain, quoi !)
Un reproche ? Les chapitres trop courts (parfois deux pages), ce qui casse quelque peu le rythme.

objectif_pal(voir ici)

Posté par Lystig à 10:48 - Auteurs en H - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

08 novembre 2009

Dimanche poétique #5

Ingénieur, trompettiste, écrivain (sous son nom ou en plus noir, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan), je vous propose une de ses chansons...

Boris Vian (1920-1959)

La complainte du progrès

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son cœur

Maintenant c'est plus pareil
Ça change, ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille
- Ah, Gudule!

Viens m'embrasser
Et je te donnerai
Un frigidaire
Un joli scooter
Un atomixer
Et du Dunlopillo
Une cuisiniè-reu
Avec un four en verre
Des tas de couverts
Et des pellagâteaux

Une tourniquette
Pour faire la vinaigrette
Un bel aérateur
Pour bouffer les odeurs

Des draps qui chauffent
Un pistolet à gaufres
Un avion pour deux
Et nous serons heureux

Autrefois, s'il arrivait
Que l'on se querelle
L'air lugubre on s'en allait
En laissant la vaisselle

Maintenant, que voulez-vous
La vie est si chère
On dit rentre chez ta mère
Et l'on se garde tout
- Ah, Gudule !

Excuse-toi
Ou je reprends tout ça
Mon frigidaire
Mon armoire à cuillères
Mon evier en fer
Et mon poêle à mazout
Mon cire-godasses
Mon repasse-limaces
Mon tabouret à glace
Et mon chasse-filous

La tourniquette
A faire la vinaigrette
Le ratatine-ordures
Et le coupe-friture

Et si la belle
Se montre encor cruelle
On la fiche dehors
Pour confier son sort

Au frigidaire
A l'efface-poussière
A la cuisinière
Au lit qu'est toujours fait
Au chauffe-savates
Au canon à patates
A l'eventre-tomates
A l'écorche-poulet

Mais très très vite
On reçoit la visite
D'une tendre petite
Qui vous offre son cœur

Alors on cède
Car il faut qu'on s'entraide
Et l'on vit comme ça
Jusqu'à la prochaine fois
Et l'on vit comme ça
Jusqu'à la prochaine fois

vian

D'autres découvertes ici...

Bon dimanche (poétique) à tous et toutes !

Posté par Lystig à 09:59 - Poésie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :



Page suivante »