07 avril 2012

Room

Emma DONOGHUE

400 pages
Editions Stock (août 2011)

Présentation de l'éditeur
Room fr« Room appartient à cette espère si rare, celle des vraies oeuvres d’art. Vous dire qu’il ne ressemble à aucun autre livre est pour moi le plus beau des compliments. Il suffit de décrire sa puissance, sa beauté sombre et pleine de révélations. » Michael Cunningham

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. 
Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.room gb
Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Maman fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir. 

Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?

room noRoom interroge la capacité de survie qui existe en chacun de nous, tout en célébrant les pouvoir du récit et du langage. Mais l’auteur résume magnifiquement son principal objet de réflexion : « Le drame essentiel de la parentalité : comment l’on passe d’un instant à l’autre du rôle de celui qui console à celui qui persécute, tout comme les enfants passent leur temps à illuminer notre vie et à nous rendre fous. J’ai essayé de saisir cette étrangeté et ce paradoxe. Devenir parent suscite les émotions les plus folles qu’on puisse ressentir. »

Mon avis
« Stupéfiant, terrifiant... Que Donoghue soit capable de produire un texte aussi lumineux à partir de tant d'horreur est la preuve de la puissance de son imagination. » The New Yorker.

Cela traduit bien ce que je pense.room usa
Une claque : un style, une fluidité d'écriture, un regard sur le monde, son monde (la pièce), puis le (vaste) monde.
room usa 2C'est d'ailleurs également ce qui m'avait semblé quelque peu étrange : un petit garçon aussi doué, puisque c'est lui qui raconte. Puis nous découvrons (et nous avons la confirmation) que ce petit garçon de seulement cinq est "en avance", puisqu'il sait lire et compter (enfermés, sa mère a développé l'intellectuel plus que le physique).

J'aime ce mot (mot-valise ?) inventé par l'enfant : un a-mal-gésique, si joli avec son préfixe grec "a" (sans) et "mal"...

Et que dire de l'apprentissage dans le vaste monde ? Superbe ! On y s'y croirait... Le détachement et la curiositéroom russie du petit garçon, à qui on enseigne ce qui est bien et ce qui ne l'est pas, mais comment cela peut sembler "logique" à un petit garçon qui n'a connu jusqu'alors que l'espace confiné des quatre murs de la pièce ? 

coup de coeur asphodèle 2Tentée par les billets sur les blogs, réservé (et attendu longuement) à la bibliothèque de la grande ville pas trop loin, lu dès la sortie de la bibliothèque, dévoré en deux jours : un coup de poing. Et un coup de cœur. 

Pour voir l'aménagement de la chambre, cliquer sur le site du livre (en anglais, mais on peut regarder le dessin de la pièce !) oudrapeau canadien aller sur le site de l'auteur

biblio 1Couvertures : française, canadienne/anglaise, norvégienne, deux américaines et russe : deux modèles !

Challenge rentrée litt chez Herisson (10/7)

Posté par Lystig à 08:10 - - Commentaires [38] - Rétroliens [0]
Tags : , , , ,


30 mars 2012

Dans l'Enfer de l'Opus Dei

Véronique DUBORGEL

157 pages
Editions J'ai Lu (novembre 2010)

opusQuatrième de couverture
Depuis sa création en 1928, l'Opus Dei fascine autant qu'il inquiète. Pendant treize ans, Véronique Duborgel, recrutée à l'âge de vingt ans, en a subi la loi rigoureuse sous la pression de son mari et de son entourage : endoctrinement, remontrances, " corrections fraternelles " de la part d'une hiérarchie qui refuse d'entendre sa souffrance de femme battue. C'est lorsqu'elle se décide à rompre que l'organisation se retourne contre elle... À travers son témoignage accablant, nous pénétrons le monde opaque de l'Opus Dei, organisation catholique la plus secrète et la plus controversée. Un monde où l'obéissance et le châtiment tiennent lieu de dogme.

Un témoignage unique qui dépeint une organisation insensible et sectaire. Et dérange son goût du secret. L'Express. 

Mon avis

Une jeune fille rencontre un jeune homme. Il lui présente des personnes qui apportent des réponses à ses questions. Elle se marie et entre dans le cercle (cours, retraite), même si elle reconnaît avoir été crédule, vivre cela en dehors, un peu comme si cela ne la concernait pas.

Et là, la vie de membre de l'Opus Dei (Œuvre de Dieu en latin) commence : faire des enfants (contraception interdite), être une "vitrine" comme elle l'écrit, "être toujours dans le paraître" : être maquillée, en jupe, donner une bonne image, toujours avoir une maison rangée. Toutes les deux semaines, rendez-vous chez l'"Opusienne" avec sa directrice spirituelle, pour une vérification de la maison. Elle va quelque peu se rebeller, en rageant les jouets, parfois en les planquant, en faisant un rangement de surface (forcément, avec six enfants). De la France, sa famille va habiter en Suisse (canton de Vaud), où se passe la plus grande partie de son témoignage.

Elle appraît comme crédule (trop), elle fut bien "travaillée au corps", conditionnée, naïve, elle fut sans doute pour ces raisons facilement manipulée, perdant son esprit critique, son libre arbitre, formatée (page 67).

Où Padre Pio, fondateur de ce mouvement, considère la femme comme un chien (page 102). 

Où existent des châtiments corporels, des punitions et contritions en public (la "correction fraternelle), où la dénonciation des fautes des autres est encouragée.

L'"apport" est la dîme obligatoire (page 119) : participer en versant une somme à un centre culturel, en faisant des retraites, etc. Selon la législation, la participation financière obligatoire fait la différence entre une religion et une secte (religion : vous pouvez donnez si vous voulez, et le montant que vous voulez) ; de même, chercher à recruter d'autres membres, toujours sous le seau du secret (site de la Miviludes).

L'Opus Dei est SON témoignage, révélant le goût du secret de cette organisation (recrutement dans le secret, ne pas dire que l'on en est membre, etc.). Ce n'est pas un livre analysant ce mouvement.

Je suis surprise que, selon ses dires, cette organisation ne soit pas répertoriée comme secte. Son fonctionnement serait-il différent en France et en Suisse ? 
Sur le net, on trouve en particulier, un Opusien qui a un site/blog qui s'élève contre elle et ses écrits, proposant une autre version de l'Opus Dei.

Je suis contre les mouvements extrêmes/fondamentalistes, comme apparaît l'Opus Dei.
A ne pas confondre avec le Catholicisme.

Peu de blogeuses/blogueses semblent avoir lu ce témoignage, ou du moins l'avoir chroniqué.

Livre très court, vite lu et édifiant.

 

Posté par Lystig à 06:34 - - Commentaires [24] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
01 novembre 2011

Code Salamandre

Samuel DELAGE

Editions Belfond
308 pages (6 octobre 2011)

Quatrième de couverture
code salamandreYvan Sauvage, expert en art et commissaire-priseur, mer fortuitement la main sur un itinéraire crypté conduisant à un dépôt royal. Il se lance alors, en compagnie de Marion, une jeune étudiante à la Sorbonne, dans la résolution d'une énigme qui leur fera encourir les plus grands périls. Un jeu de pistes érudit qui se transforme en périple hallucinant, où l'horreur le dispute au merveilleux. Lorsque son professeur de l'Ecole du Louvre décède, Yvan Sauvage se retrouve légataire d'un secret prodigieux : le vieil homme était sur le point de déchiffrer un code menant à l'un des trésors les mieux gardés du règne de François Ier. Yvan n'a alors de cesse de résoudre l'énigme. Marion entre dans son jeu, et le duo se lance avec une énergie farouche dans le décryptage des messages codés que recèlent les châteaux, statuaires et monuments édifiés par les architectes de l'époque, dont Léonard de Vinci. Puis ils explorent des itinéraires dont la cartographie occulte et étonnamment précise de la Renaissance a fixé le tracé. Tout à leur quête, les deux jeunes gens sont inconscients du danger qui les guette, tandis qu'un homme épie leurs moindres faits et gestes sous les ordres d'un mystérieux commanditaire. La recherche érudite et la résolution du code Salamandre pourraient bien déclencher une traque sanguinaire...

Né en 1978, Samuel Delage agrandi dans le Saumurois. De longues recherches sur la Renaissance et sa cryptologie lui ont permis d 'écrire ce thriller avec la précision de l'ingénieur qu'il est dans la vie. Son premier opus, Arrêt Wagram, est paru en 2010 chez Les Nouveaux Auteurs. Code Salamandre est son premier roman à paraître chez Belfond.

Mon avis

Une bonne surprise !

Allez, on commence par mes remarques/erreurs ? (j'en connais qui n'attendent que cela :) )
- L'auteur cite des marques comme Starbucks Coffe, le Marly, un café rue de Rivoli et des noms de crus, un pistolet Sig (ça change des Glock que les méchants ont d'habitude), etc.
- Le héros prend un verre avec des musiciens à l'occasion de la fête de la musique (donc le 21 juin) (page 57) puis il prend l'avion à Roissy, ne s'atten[dant] pas à une telle affluence [...] un premier jour de juin (page 99). Si si, j'ai remarqué ! (mais pourquoi ne suis-je pas relectrice pour des maisons d'éditions ?).
- pages 203 et 204 : le concierge promène un Beauceron (ou Bas-Rouge ou berger de la Beauce), le molosse se cabra, la gueule écumant de bave, je cite. Deux petites remarques : un, le Beauceron ne bave pas ainsi : ce n'est pas un Labrador (je confirme, ça bave beaucoup) ni un Boxer, ni, etc. et deux, ce n'est pas un molossoïde : ne pas confondre le Beauceron avec un Rottweiler, ce dernier est plus petit, plus massif et le Beauceron est un chien gentil (si si) et bon gardien (je re-confirme).

Mis à part cela, ce fut une bonne surprise !
Un roman ésotérique français avec un héros peu commun (un commissaire priseur) aidé d'une étudiante qui se passe pour partie dans Paris (ouf, j'ai révisé la semaine précédente certaines rues !), à Chambord et dans d'autres lieux., avec un soupçon de thriller et une once d'amour, le tout bien écrit. Et on se laisse prendre à l'histoire, à tourner les pages...  Du coup, on lit les 308 pages d'un souffle (bon, ok, j'avoue, en deux jours).

En bref : à lire !
Et à mettre en avant dans les librairies, cela vaut largement et même plus que Dan Brown (oui, je fais une aversion depuis Anges et Démons), de la même veine que Henri Lœvenbruck (ici et ) dont je vais lire prochainement son nouveau livre, L'Apothicaire, en attendant la suite des aventures de Yvan et de Marion ! Monsieur l'auteur, votre prochain livre sort quand ?

Pour les geeks et les autres, allez faire un petit tour sur la page facebook de l'auteur, pour en savoir plus et participer à un concours : http://www.facebook.com/Samuel.Delage.Officiel

Merci beaucoup à Pauline pour cette découverte et aux Editions Belfond

 rentrée litt chez Herisson (3/7)

thriller cynthia
chez Cynthia (9/8, catégorie "Crains Dégun" "Même pas peur")

 

Posté par Lystig à 15:20 - - Commentaires [44] - Rétroliens [0]
Tags : , , , , ,
13 août 2011

Le Hameau des Purs

Sonia Delzongle

380 pages
Editions Cogito (février 2011)

Quatrième de couverture
hamleau des pursUn thriller captivant qui emmène le lecteur sur les traces d'un tueur sanguinaire aux desseins implacables.

Audrey se souvenait précisement de l'année de la découverte du premier corps. Ou de ce qu'il en restait. Seulement la peau dans les taillis, dans la forêt. Une mue rose et sanglante. Le contenu, la chair, les organes, les os, tout avait disparu.
En quelques jours, une sorte de méfiance sourde s'était emparée du village pour s'étendre rapidement à toute la région.
Au début, l'Empailleur ne laissait que les peaux, vides et platies. Puis il s'étit mis à les bourrer de terre, de mousse ou de pierres, il les remplissait comme des outres et les cousait. Tuait hommes et femmes, sans distinction de sexe, ni d'âge. Seuls les enfants étaient épargnés. 

Sonia Delzongle, diplômée des beaux-arts de Dijon, est journaliste. Née à Troyes d'un père français et d'une mère yougoslave, c'est aujourd'hui à Lyon qu'elle vit de sa passion pour l'écriture. Après La journée d'un sniper et A titre posthume, Le Hameau des Purs est son troisième roman édité.

Mon avis

MERCI à l'écrivain, Sonia DELZONGLE
qui m'a gentiment offert son livre
et aux Editions Cogito éditions cogitopour l'envoi !

Le rabat de la couverture précise :  "Le Hameau des Purs" est un thriller inquiétant qui malmène le lecteur de bout en bout et le tient en haleine jusqu'à la toute dernière ligne. Ames sensibles, s'abstenir !
Vrai !
Estomaquée !!!
Une claque ! Jamais je n'aurais pu deviné... Le suspense est vraiment haletant, on lit, on dévore les pages pour savoir. Et une fois qu'on referme le livre, on comprend mieux certains passages.

Thriller en trois parties : la petite Audrey qui va passer ses vacances dans ce hameau, Audrey qui enquête sur un incendie survenu des années plus tard et une troisième partie... captivante (je n'en dirai pas plus pour ne pas déflorer la fin, des plus surprenantes !). Ca commence doucement, une fillette en vacances dans une secte type Amish et cela se termine... en apothéose !

Je me suis jetée à corps perdu dans cette histoire que je "visualisais" sur le plateau de l'Aubrac ou par là-bas (je suis passée cet été par là-bas) car y souffle la Burle, un vent glacial du sud-est du Massif Central et, comme je l'avais écrit dans un de mes commentaires, "les Purs" sont pour moi les Cathares (pas les habitants de la région mais le mouvement chrétien médiéval (tiens, tiens, cela faisait longtemps, n'est-ce pas ?) du grec katharos, pur, voir par exemple wikipedia) et j'ai été emporté par l'histoire ! J'ai essayé d'en devenirla fin (par exemple, pourquoi cet enfant s'appelle Léman, comme le lac ?) (appelé Lac de Genève par les Genevois et Lac Léman par les autes Suisses !).

Un style d'écriture maîtrisé, qui va croissant, des "indices" tout au long, qu'on ne comprendra qu'une fois fermée la dernière page, un suspense... à perdre haleine (enfin, plutôt le sommeil) bref, une auteur inconnue qui devrait pas le rester !

A découvrir !!!!!!coeur qui bat
Un coup de coeur ! 

Enthousiastes aussi, la Petite Souris de Passion Polar et Oncle Paul de Mystère Jazz, ils ont interviewé l'auteur ici et  (même entrevue, photos d'illustration différentes), comme Catherine , (billet et entrevue) bluffées aussi Sophie et TotalyBrune, comme Pierre de BLack Novel.

Le blog de Sonia Delzongle la peintre ici (une mise à jour prochaine ?) et celui de Sonia Delzongle l'écrivain  (où vous trouverez les titres de ses précédents ouvrages, dont l'un semble épuisé...).

Ma citation de jeudi dernier ici.

Merci à Sonia Delzongle pour cette lecture !

Challenge de Cynthia thriller cynthia, catégorie "Crains dégun" "Même pas peur" !
(et de 4 !)

Posté par Lystig à 15:32 - - Commentaires [53] - Rétroliens [0]
Tags : , , ,
15 avril 2011

La Nonne et la Brigand

Frédérique DEGHELT

414 pages
Editions Actes Sud (janvier 2011)

nonne_et_brigandQuatrième de couverture
En reposant le recueil, elle effleura une couverture de cuir, crut d'abord qu'il s'agissait d'un carnet de correspondance mais ne put s'empêcher de l'ouvrir.
C'était l'emballage d'un cahier dont les pages étaient couvertes d'une petite écriture ronde presque enfantine. Je ne savais pas ce que c'était l'amour, je ne savais rien de ce qui nourrit et dévaste, alors sans ce savoir je n'étais qu'une petite chose lancée sur les routes et sans arme pour affronter la vie. Il n'y avait que cette phrase sur la première page, écrite à l'encre bleue, presque délavée.
Lysange eut comme le sentiment que ces phrases s'adressaient directement à elle et cela lui ôta tout scrupule pour commencer à lire ce qui avait tout l'air d'être un journal de bord.

Voyageuse infatigable avec Paris pour port d'attache, Frédérique Deghelt est journaliste et réalisatrice de télévision. Après La vie d'une autre (2008) et La grand-mère de Jade (2009), La Nonne et le brigand est son troisième roman publié par Actes Sud.
Egalement parus chez Actes Sud (textes et photographies) : Je porte un enfant et dans mes yeux l'étreinte sublime qui l'a conçu (2007) et Le Cordon de soie (2009).

Mon avis

Rendez-vous jeudi prochain pour des citations qui me sont revenues à l'esprit à la lecture de ce roman (sur les langues étrangères).

page 44Les gens disaient qu'il rendait fou ce vent et que ceux qui vivaient là quotidiennement
finissaient par avoir l'esprit emporté dans ses assauts furieux. [...] Une femme traversée par lemistral a-t-elle encore toute sa raison ? me disais-je à l'époque [se demande Lysange].
NON. On ne devient pas "fada" car le Mistral ne souffle pas tous les jours !!!!!!!

page 136 : "sapajou", petit singe, mais surtout mot célèbre pour être une des insultes favorites du Capitaine Haddock.

page 263 : John, le mari antiquaire, s'adresse à Lysange : C'est pour cela que je te garde, me disait-il pour me fâcher. Plus tu vieillis, et plus tu m'es précieuse !
Agatha Christie avait dit à peu près la même chose : Faites comme moi, épousez un archéologue. C'est le seul homme qui vous regardera avec de plus en plus d'intérêt à mesure que passeront les années. [d'ailleurs, je vais rencontrer un archéologue dans mon prochain livre ]

Je découperai le roman en deux parties : la France, Paris et le Cap-Ferret (voir les photos de l'Irrégulière *) et le Brésil.
Frédérique Deghelt sait parler d'amour : l'amour passion, l'amour enfantin (pétard des guettes, j'espère que mes enfants ne m'aiment pas comme cela !), l'amour qui occupe toutes les pensées, l'amour qui fait mal (psychologiquement), l'amour de Dieu, l'amour impossible, l'amour d'un amant, l'amour qui dure trois ans, après s'installe l'habitude, comme dirait Frédéric Beigbeder, etc. Elle emploie des phrases, des images, des synonymes à foison.
Mais j'ai de loin préféré l'amour au Brésil. J'avoue humblement que les phrases, paraphrases, voire redites des émotions de Lysange à Paris ont fini par me les faire survoler (à moment donné, une vision de dictionnaire de synonymes s'est imposée à mon esprit !). Ces femme hésite, ne prend jamais réellement de décisions tranchées et quand elle ne sait pas, ne sait plus, veut se retrouver, prend le train pour Cap-Ferret !
D'ailleurs, cela m'a semblé incongru : un inconnu vous propose sa maison de plage au Cap-Ferret et pas un inconnu vous offre des fleurs, comme dans la pub ! Mais c'est le même principe ! Elle part, elle accepte ! Euh... Elle ne se pose pas de questions, se renseigne ? Non, part, sur un coup de tête. Lysange me semble primesautière, et pour les hommes aussi.

Ce ne fut pas un gros coup de coeur comme Irrégulière (son billet **) mais un livre qui m'a plu (aurai-je un coeur de pierre, insensible à l'amour ?), sans plus. Justement à cause des répétitionsde Lysange quant à ses sentiments. Cela aurait été un coup de coeur si justement toute l'action ou presque se déroulait au Brésil.

Merci à toi, Irrégulière, pour ce livre_voyageur qui m'a fait voguer sur les mers de l'amour sous toutes ses formes !

* ici : http://irreguliere.over-blog.com/article-mon-cap-ferret-71345355.html (les clics sur liens ne fonctionnent pas !)
** ici : http://irreguliere.over-blog.com/article-la-nonne-et-le-brigand-65339859.html
 

Et voici la photo réalisé par Irrégulière pour présenter ce livre...
photo_de_Irr_guli_re

Posté par Lystig à 08:10 - - Commentaires [52] - Rétroliens [0]
Tags : , ,


18 mars 2011

Le Maître du Haut Château

Philip K. DICK

318 pages
J'ai Lu (2001)
The Man in the high Castle

ma_tre_du_haut_ch_teauQuatrième de couverture
En 1947, les Alliés capitulaient devant les forces de l'Axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis; l'ouest avait été attribué aux Japonais. Quelques années plus tard, la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les Nippons. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-king, le livre des transformations du célèbre oracle chinois, dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Pourtant, dans cette nouvelle civilisation, une rumeur étrange circule : une homme vivant reclus dans son château, un écrivain de science-fiction, serait l'auteur d'un ouvrage relatant la victoire des Alliés en 1945...

Philip K. Dick (1928-1982) Tout au long de son oeuvre imposante, P.K. Dick s'est attaché à décrire avec une persistance patholologique la juxtaposition de deux niveaux de réalité - l'un "objectivement" déterminé, l'autre n'étant qu'un monde d'apparences. Le Maître du Château est sans doute la plus célèbre des uchronies.
Prix Hugo 1963, meilleur roman.

Mon avispk_dick_1
Des personnages différents vivent des histoires différentes, un peu comme dans Une vie ou une autre de Dan Chaon. Mais quand vont-ils se rejoindre ? Quels sont leurs liens ? De même, une fin sans queue ni tête !
Quant au style... c'est... étrange... ! Il a fumé la moquette ou quoi ? C'est l'époque, le livre a été publié en 1962 ! On passe d'un personnage à un autre, sans raison. Des personnages secondaires, apparaissent et disparaissent. Ds descriptions de lieu sont bizarres, je n'arrivais à imaginer/visualiser la scène.

pk_dick_3Je n'ai pas lu les autres billets sur ce livre dans le cadre du Winter Time Challenge du RSFBlog.

Je terminerai par une phrase extraite de L'uchronie de Éric B. Henriet : « Les oeuvres les plus connues, comme Le Maître du Haut-Château de Dick, ne sont pas nécessairement les plus réussies. ».pk_dick_2

En savoir plus sur l'Uchronie (clic).
Le billet de Lhisbei, aussi "enthousiaste" (!) que moi (clic) qui répertorie aussi les autres billets.
D'autres uchronies : mes billets sur Fatherland de Robert Harris (clic) (bien) et Le Complot contre l'Amérique de Philip Roth (pas aimé) (clic).

J'ai préféré certaines nouvelles de Paycheck et Blade Runner de cet auteur.

Anecdote : comme dans Paycheck, les gentils aussi fument des cigarettes (nous sommes dans les années 60) (aujourd'hui, seuls les gros vilains méchants fument !).

(quelques couvertures anglo-saxonnes)

uchronie
Challenge Winter Time Travel

Posté par Lystig à 06:02 - - Commentaires [27] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
06 février 2011

Fugue

Anne DELAFLOTTE MEHDEVI

Editions Gaïa (septembre 2010)
327 pages

fugueQuatrième de couverture
Madeleine s'enfuit de l'école le jour de la rentrée. Sa mère, folle d'angoisse, crie son nom le long de la rivière. L'enfant est saine et sauve, mais Clothilde y perd la voix. Sa voix du quotidien, sa voix de mère, de fille, d'amie et d'amante lui fait désormais défaut. Clothilde consulte, se refuse aux traitements, se heurte à l'incompréhension de tous. Et, contre toute attente, prend des cours de chant. La voix chantée de Clothilde est belle, sublime même. Passionnée de musique depuis l'enfance, comment pourrait-elle se détourner de ce talent qui affleure ? Un portrait de femme d'une tonalité bouleversante.

Anne Delaflotte Mehdevi est née en 1967 à Auxerre. Elle grandit près de Saint-Sauveur-en-Puisaye où est née Colette. Elle suit des études en droit international et diplomatique et pratique le piano et le chant lyrique. Depuis 1993, elle vit à Prague où elle exerce le métier de relieur, parallèlement à son travail d'écrivain. Après La relieuse du gué (Gaïa, 2008), Fugue est son second roman.

Mon avis

Qu'en dire ? Une jolie plume, de la musique (trop peut-être de termes musicaux pour les profanes), une jolie histoire. Mais pas emballée.
Un début prometteur, emballant comme un morceau de musique (c'est d'ailleurs là qu'il y a le plus de références musicales). Puis des longueurs, puis cela se réaccélère dans les toutes dernières pages. J'en suis venue à bout.
Un conte musical, mais sans plus. J'envisage mal quelqu'un qui ne peut plus parler mais qui chante divinement. Avec une autre voix que la sienne... Musicienne de formation, elle ne s'était jamais rendue compte qu'elle chantait bien ?
Des bons et beaux passages, de la poésie. Mais je suis restée sur ma faim, après des commentaires élogieux.

Merci à Alex pour cette lecture musicale (je n'ai pas qu'écouté Cécilia Bartoli) (j'ai eu envie de réentendre Freddy Mercury et Montserrat Caballe). J'aime l'opéra, j'ai visualisé.

Les fugues se jouent, ne se font pas (page 13).

Pourquoi une fugue ? A cause des liens qu'elle tisse : Morceau de musique dans lequel différentes parties se suivent, se succèdent, se poursuient tour à tour, en répétant le même sujet d'après des règles établies. On parle de sujet, contre-sujet, réponse, ces diverses parties se répondant de sorte que l'oreille les reconnaisse toujours. (page 275)

(devant l'école, face aux autres mères) Clothilde passe comme une ronde tenue, traversa les espaces de silence, les grappes de mère-croches et de triolets. Elle perçut un soupir, approcha une vague de sons qui confluaient vers un même point en crescendo, essuya une salve d'accords épars, éclatés, dissociés ici. En canon là-bas ? (page 23).

Madeleine, la fillette qui avait fui, demande (page 50) : " Maman, pourquoi est-ce que les mamans ont seulement une vie ? "
Je me pose aussi la question...

Pour le déjeuner, Clothilde prépara pour Vincent un risotto au safran et à la mauvaise grâce, garni de raisins secs, de besoin de lui et de poivrons rouges, d'un peu d'ail, de culpabilité, de colère et de lamelles de jambon fumé (page 59).

Le billet d'Alex, plus enthousiaste ici, ceux de Kathel, d'Hathaway et de Lasardine, comme moi,

Posté par Lystig à 13:18 - - Commentaires [34] - Rétroliens [0]
Tags : ,
29 janvier 2011

Evadés de l'Enfer !

Hal DUNCAN

216 pages
Editions Folio SF (octobre 2010)

_vad_s_de_l_enferQuatrième de couverture
Eli est un clochard, brisé, au bout du rouleau, Belle une prostituée qui cherche à fuir son mac. Matthew est un jeune homosexuel, Seven un tueur à gages sans pitié. Ils ne se connaissent pas mais se retrouvent ensemble sur le même bateau... en partance pour l'Enfer. Un Enfer un peu particulier, qui pourrait être New York mais n'en est qu'une copie... franchement décalée. Tous quatre, armés de leurs seuls soucis et accompagnés par un étrange personnage, n'ont plus alors qu'une idée en tête : trouver un moyen de s'évader.

Après le monumental Livre de toutes les heures (Vélum et Encre, parus dans la collection Lunes d'encre aux Editions Denoël), Hal Duncan offre avec Evadés de l'Enfer ! un court roman explosif qui confirme tout son talent.

Hal Duncan est Ecossais. Il est l'auteur de trois romans et vit à Glasgow.

Mon avis

Merci à la poste belge qui a su trouver que mon village n'était pas au plat pays et qui l'a renvoyé plus au sud ! Le livre égaré est arrivé à bon port !

Un roman court, comme un road-movie dans un décor encore plus infernal que New-York 1997 (film). NY_1997_2
Quelques visions d'enfer ?
Sur les battants de fer, un des personnages croit y lire Ar*beit ma*cht fr*ei, non, non, il y a juste écrit Abandonnez tout espoir ! Une tour que me fait penser à la Divine Comédie de Dante, ... Quelques citations issues et transformées de la Bible ou d'ailleurs : L'Enfer, c'est les autres, Etre ou ne pas être, etc.
NY_1997_1Nous sommes sûr d'être en enfer, nous y croisons Gabriel et Lucifer ! Toutes ces références sont autant de clins d'œil.

Quant à dire si j'ai aimé ou pas... Des descriptions très visuelles, parfois longues, trop, mais justement c'est le but. Un style rapide, parfois avec des phrases sans verbe conjugé. Un livre vite lu.

Merci à bob_partenariats et aux Editions folio_sf pour ce partenariat qui me fait retrouvrer le style littéraire préféré de mon adolescence !

(maintenant, c'est un livre voyageur, si vous être intéressé, contactez-moi !)

Posté par Lystig à 09:02 - - Commentaires [14] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
31 décembre 2010

Sérénade pour une souris défunte

SAN ANTONIO

188 pages
Editions Fleuve Noir (1954, édition de 1995)

Quatrième de couverture
s_r_nadeVoilà maintenant que le boss me fait prendre les patins de ses amis ! Il faut reconnaître que le turbin qui échoit sur la tête de son pote est de first quality !
Jugez plutôt : son fils va être cravaté de chanvre incessamment et peut-être avant par la justice britannique. Je vêts l'habit ecclésiastique pour rencontrer le condamné. Brusquement, je sens que ce mec est innocent.
Une drôle de sérénade en perspective !

Mon avis
Dernier jour pour ce challenge proposé par Fattorius il y a 360 jours...s_r_nade_0
J'aime beaucoup la couverture de l'édition de 1995. Pour le plaisir, celles de 1954, 1968, 1972 et 1974 (je trouve celle de 1995 très moche !).

Je cherchais Céréales Killer (dont le titre m'a toujours fait rire) et je tombe sur celui-ci, la couverture m'attire, la queue de la souris en forme de clef de sol ; le titre me fait penser à Pavane pour une infante défunte, pièce pour piano composée par Maurice Ravel en 1889.

s_r_nade_bisDe la gouaille à toutes les pages !
Des souvenirs remontent... je me rappelle les polars achetés avec mon grand-père sur le marché, dans un camion aménagé, spécialiste des livres d'occasion [pour info (et vous vous en fichez royalement), ce camion roule toujours... et les livres sont organisés comme il y a 25 ans... ce camion est sur le marché de Gardanne (Bouches-du-Rhône) toutes les semaines !].s_r_nade_ter

On y cite un écrivain de polars : l'Anglais Peter Cheyney (1896-1951), qui créa le personnage de l'inspecteur Lemmy Caution (en 1936), du FBI qui parle slang et (en 1938), Slim Callaghan, enquêtant à Londres.

Lu très vite, en moins d'une journée.
s_r_nade_quartSan Antonio se rend chez les rosbeefs dont il ne cause pas la langue et là, c'est un déchaînement de mots argots, titis parisiens, des inventés [d'ailleurs, la dernière page de ce livre fait la promotion d'un dictionnaire San Antonio, avec "quelque 15 500 entrées" : "Depuis Rabelais, aucun écrivain de langue française n'a pu prétendre, autant que San Antonio, être parvenu à forger un langage qui lui soit propre [..]"], d'autres qui datent, reflétant l'époque : Non, Bath n'est pas si bath que ça (page 91). Aurait-on besoin d'un dictionnaire ? Non, quasiment pas, car le contexte permet de comprendre le sens (exemple, hors contexte, la deuxième citation est plus difficile à comprendre, si vous avez besoin d'un dictionnaire, veuillez consulter votre petit Robert [et pas les roberts !]).

Le haut-parleur d'Orly aboie dans le bar. Il dit aux voyageurs pour London de se manier la rondelle because le zoiseau à roulettes ne va pas tarder à mettre les adjas (page 21).

Elle est choucarde, c'est vrai. Elle se fait calcer comme une reine, c'est vrai encore, pourtant faudrait pas qu'elle se mette à me jouer la sérénade en permanence. Y a le bouillavage d'un côté - et d'un bon côté -mais y a aussi le turbin (pages 92-93).

OK, ça date. Mais la verve de Frédéric Dard (et de San Antonio) est intemporelle.objectif_pal_2
Ce n'est peut-être pas le meilleur San A, mais on passe un très bon moment !

Fattorius, dans les temps !

san_antonio

Posté par Lystig à 06:02 - - Commentaires [10] - Rétroliens [0]
Tags : , ,
02 novembre 2010

La Liste Interdite

Olivier DESCOSSE

605 pages
Editions J'ai Lu (avril 2009)

liste_interditeQuatrième de couverture
Un homme carbonisé dans sa voiture, sur une route de campagne. Un autre chute du haut d'une tour dans le quartier chinois de Paris. Michel Diallo, flic noir, et Claire Brissac, juge d'instruction au passé douloureux, héritent respectivement des deux affaires. Ces enquêtes parallèles vont explorer le passé des deux hommes disparus, de l'univers des junkies à celui des triades chinoises, du monde feutré de la grande bourgeoisie parisienne aux fights mortels des hordes de hooligans. Peu à peu, les liens se tissent. Et si ces morts dissimulaient d'autres enjeux ?

Après le succès du Pacte rouge, qui a reçu le Prix polar de Cognac en 2005, et de L'ordre noir, Olivier Descosse met une nouvelle fois son expérience d'avocat au service d'un thriller implacable.

Mon avis
Normalement, n'y-at'il pas relecture avant impression ? Parce qu'il y a plusieurs erreurs : voie/voix, numérotation/numération, etc.
L'auteur ne connaît pas le sud-est :
* page 411 : les champs de gênets : ces buissons sont des mauvaises herbes (aux racines horribles à arracher) !, des champs de lavande, d'oliviers... Je n'ai pas souvenir de voir des champs de lavande depuis l'autoroute, comme son personnage (le lavandin serait pollué...).
* en autre clichés (pas que sur le sud-est), cet exemple : Une femme d'âge mûr était penchée sur un ordinateur. Brûlée par les UV, ployant sous les colifichets, sapée comme une adolescente. Du cent pour cent couleur locale... = merci pour le cliché !!! Ok, il y en a, mais quand même (quand elles sont jeunes, ce sont des cagoles !), il ne faut pas exagérer.
* autre erreur : page 430 : Vallauris et les paysages de Cézanne : quoi ? que lis-je ? Vallauris, où se sont retirés Jean Marais et Pablo Picasso... mais Cézanne n'y a pas mis les pinçeaux pieds ! (j'ai vérifié)
* une question : des calèches à Bruges : pour les touristes ? je n'en ai pas souvenir (mais je peux me tromper).
* page 464 : tapisseries moyennâgeuses : ARGHHHHH ! je sais, j'insiste, mais "moyennâgeux" est péjoratif, il faut employer "médiéval" !!!

Un accident de voiture horrible, un meurtre dans une quartier chinois : comme dans un épisode des Experts (à Las Vegas), deux histoires s'emmêlent ; mais quand vont-elles se recouper (parce qu'on se doute gros comme une maison qu'elles vont se rejoindre) ? Tous les clichés, toutes les erreurs de frappe gênent beaucoup à la lecture (j'en étais à noter toutes les fautes de frappe non corrigées, tous les clichés et, forcément, ceux sur le sud-est étaient faciles à détecter pour moi).

Bon, en bref : bien, mais sans plus. Trop long. Sans parler de verbiage, certains passages pouobjectif_pal_2rraient être raccourcis... sans doute une habitude d'avocat. J'ai été quelque peu déçue par cet auteur (prix Cognac du polar)
La solution arrive dans les dernières pages... et tout est bien qui finit bien, sauvé(e) à la dernière minute !

Posté par Lystig à 08:56 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0]
Tags : , ,


  1  2