Jussi ADLER-OLSEN

654 pages
Marco Effekten (2012)
traduit du danois par Caroline Berg
Editions Albin Michel

l'effet papillon

Quatrième de couverture
Si William Stark n’avait pas été intrigué par un SMS envoyé du Cameroun, René Ericksen, son boss au Bureau d’Aide au Développement, n’aurait pas été obligé de se débarrasser de lui. Si Marco, un jeune voleur gitan n’avait pas trouvé refuge là où le cadavre putréfié de Stark végète depuis trois ans, son oncle, chef d’un réseau mafieux, n’aurait pas lancé ses hommes à ses trousses à travers tout Copenhague pour l’empêcher de révéler à la police l’existence de ce corps qu’il a enterré de ses propres mains...

Pour stopper cet engrenage de la violence, l’inspecteur Carl Mørck et l’équipe du Département V doivent retrouver Marco. Et remonter la piste d’une affaire dont les ramifications politiques et financières pourraient bien faire vaciller l’intégrité politique du Danemark.

Grand Prix policier des lectrices de Elle, Prix polar des lecteurs du Livre de poche, le Danois Jussi Adler-Olsen est une figure désormais incontournable du thriller scandinave.

Mon avis

C'est l'effet papillon petites causes, grandes conséquences
Pourtant jolie comme expression, petites choses dégâts immenses

Ca y est, vous avez la chanson en tête ! Sauf qu'ici ce n'est pas Bénabar qui chante, mais Marco, un petit gitan à Copenhague qui en subit les effets.

page 272 : C'était ceux-là qui l'intéressaient parce qu'ils étaient obligés de sortir leur carte de Sécurité sociale pour faire enregistrer le retour des livres.

sundhesdskort

petite explication : cette sundhedskort ou guldt kort (littéralement, carte de santé ou carte jaune) sert à tout : à s'incrire à la fac, à la bilbiothèque, à aller chez le médecin, aussi, au passage.

page 290 : le pâté de foie ou leverpostej que l'on mange sur le rugbrød (pain de seigle, très noir, fort comme

leverpostej på rugbrød

le Vollkornbrot, pain complet allemand) = deux choses que j'avais du mal à avaler... car je n'aime pas le foie ni ce pain noir de seigle danois, alors que celui que trouve en France, oui). Le leverpostej på rugbrød est le sandwich typique pour le déjeuner.

centre-ville_plan_de_copenhagen

Ces petits éclaircissements apportés - là, petite pensée pour Antigone - que dire de plus ? N'hésitez à ouvrir un plan de Copenhague (surtout autour de la place de la mairie et de Tivoli, cela peut aider !) - là, petite aide pour Isa la Rousse qui connaît mieux Bergen ;) .

Cela commence très fort et très vite : de l'aide humanitaire au Cameroun. Et nous voilà au Danemark : Marco, petit gitan, entend ce qu'il ne faut pas et s'enfuit, se cachant dans une fosse... avec un cadavre. Et comme le chante Bénabar : petites choses dégâts immenses. Il va essayer de faire découvrir la vérité. Mais bon, ce n'est pas un ami de la police. Mais, par chance, Carl Mørck, Rose Knudsen et Afez el-Assad "tombent" sur cette affaire. (dans celui-ci, on en apprend un peu plus sur le passé de Afez, mais pas beaucoup... la suite au prochain numéro !)

Ce livre va vite, pas seulement parce que Marco court à travers Copenhague (il est épuisant !) et parce que les évènements s'enchaînent. 

Outre les aspects "quotidiens" - comme le pâté de foie et la carte de Sécurité sociale, nous sommes en plein dans un polar/thriller scandinave comme l'on décrit Maj Sjöwall et Per Walhöö : je recopie ce que j'avais écrit dans mon billet Le Garçon dans le Chêne de Fredrik Ekelund : Pour reprendre une expression de Robert Deleuse in Les Maîtres du polar (Bordas, 1991), l'œuvre du couple scandinave est une « scannerisation de la société suédoise ». Per Wahlöö définissait le travail de son épouse et de lui-même comme « un scalpel ouvrant le ventre d'une idéologie appauvrie et exposant la morale discutable du pseudo bien-être bourgeois ». Ici, on a droit à "les Danois sont indifférents, ne veulent pas s'impliquer, être pris à parti" (je rassure Jussi Adler-Olsen : ils ne sont pas les seuls). Page 272 (encore !) : [...] comme la plupart des garçons danois, n'avait aucune conscience de la valeur des choses et laissait traîner ses affaires n'importe où. Il y a aussi que le Danemark est considéré comme un pays sûr, sans autant de voleurs que dans d'autres pays. L'auteur égratigne à plusieurs reprises la société danoise.

En bref : à lire. Un très bon cru ! 
Vivement 2016, pour le suivant (Den Grænseløse, "sans frontière" ? "illimité" ?)

Merci à Arthur (désolée, j'aurai pu écrire mon billet plus tôt, parce que j'ai dévoré ce livre).

(pétard des guettes, il m'a fallu presque la journée pour écrire ce billet !)

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