Nickolas BUTLER

448 pages
Editions Autrement (20 août 2014)
Shotgun Lovesongs, traduit par Mireille Vignol.

retour à litlle wingQuatrième de couverture
« Ces hommes qui sont tous nés dans le même hôpital, qui ont grandi ensemble, fréquenté les mêmes filles, respiré le même air. Ils ont développé une langue à eux, comme des bêtes sauvages. »

Ils étaient quatre. Inséparables, du moins le pensaient-ils. Arrivés à l'âge adulte, ils ont pris des chemins différents. Certains sont partis loin, d'autres sont restés. Ils sont devenus fermier, rock star, courtier et champion de rodéo.
Une chose les unit encore : l'attachement indéfectible à leur ville natale, Little Wing, et à sa communauté. Aujourd'hui, l'heure des retrouvailles a sonné. Pour ces jeunes trentenaires, c'est aussi celle des bilans, de la nostalgie, du doute... Nickolas Butler signe un premier roman singulier, subtil et tendre, récit d'une magnifique amitié et véritable chant d'amour au Midwest américain.

« Remarquablement original. »  The New York Times
 « Un livre absolument magnifique.»  Olivier Adam.

Nickolas Butler est né en 1979 en Pennsylvanie. Il est diplômé de l'université du Wisconsin et de l'Atelier des écrivains de l'Iowa. Retour à Little Wing, son premier roman, est en cours de traduction dans dix pays.

Mon avis

retour à little wingJe sors des sentiers battus, de mes lectures "fonds de commerce", polars et thrillers en tout genre, titillée par la curiosité, ayant vu ce livre sur plusieurs blogs, dont une bloglectrice pour qui c'était se lecture préférée de la rentrée littéraire. Mais n'ayant pas souvenir de l'identité de ladite blogueuse, qu'elle se manifeste et je corrigerai cette défaillance de ma mémoire.

retour à little wing US 2Mis à part cela, une lecture que j'ai aimé. Pourquoi ? Pour quoi ? Et bien... Pas de suspense haletant, la vie des gens, racontée par ces gens même. Et là est toute la force de l'écrivain qui raconte et qui passionne.
Pourtant, pas grand chose de palpitant à Little Wing (bourgade au nom d'une chanson de Bob Dylan), est du Wisconsin, état du centre-nord des Etats-Unis, état surnommé d'ailleurs "état du blaireau" (badger state, d'où les nombreuses casquettes d'équipes sportives à l'effigie de cet animal*), America's Dairyland ou "la laiterie des Etats-Unis", que l'on peut retrouver sur les plaques d'immatriculation [36.15 my life : je sais tout cela parce que je suis allée dans cet état, je vous fait grâce des photos souvenirs !].

retour à little wing deBon, il ne se passe pas grand chose... mais si, voyons voir, le retour de l'un, le mariage de l'autre, enfin, plein de trucs. Plein de trucs qui font que l'on accroche (ou du moins moi) et qu'on aime. On peut lire ici ou là à propos de ce livre : générosité, amour, empathie... De "l'authentique" aurait un personnage de roman célèbre.

retour à little wing nlQuelques extraits pour vous donner envie de le lire :

Quand on vous surprend à mentir ou à faire une bêtise, contentez-vous d'arrêter. Ne chercher pas d'excuses. Taisez-vous. N'essayer pas de vous justifier. Contentez-vous de reconnaître vos torts. Dès que vous faites ça, tout s'arrange. Vous faites meilleure impression et vous vous sentez mieux. Il y a aussi de grandes chances pour que vous preniez les gens au dépourvu. (page 107)

En Floride, ils pensent qu'ils fait froid entre dix et quinze degrés. La solution, c'est d'avoir de bonnes chaussettes et de prendre un bon petit déjeuner. Mais une meilleure solution encore, c'est d'être heureux. Et encore mieux que ça, la meilleure de toutes, c'est de travailler dur. (page 145)

Pour moi, c'est ça l'Amérique : des pauvres gens qui jouent de la musique, partagent un repas et dansent alors que leur vie entière à sombrer dans le désespoir et dans une détresse telle qu'on ne penserait jamais qu'elle tolère la musique, la nourriture ou l'énergie de danser. On peut dire que je me trompe, que nous sommes un peuple puritain, évangélique et égoïste, mais je n'y crois pas. Je refuse d'y croire. (numéro de page oublié de noter !)

 

* Badger, en anglais, signifie blaireau. En opposition à la culture populaire, le nom de l'équipe ne viendrait pas directement de l'animal mais de l'ancienne appellation du Wisconsin, « The Badger State » (l'État des Blaireaux). Ce nom n'était pas lié à la présence en grand nombre de l'animal dans la région, mais en raison de l'arrivée des prospecteurs miniers dans les années 1820. En effet, ne possédant pas d'autre abri, ils se terraient dans des genres de terriers pour passer l'hiver sans encombre, un peu comme le blaireau. C'est donc pour cette raison que le blaireau est la mascotte du Wisconsin et qu'il est représenté sur le drapeau de l'État.

 

couvertures française, américaines, allemande et neerlandaise.

challengerl rentrée litt 2014 5/6 chez Hérisson