Oriane JEANCOURT GALIGNANI


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304 pages
Editions Albin Michel (20 août 2014)

Quatrième de couverture

audience

Dans une petite ville du Texas, une jeune enseignante, mère de trois enfants, attend en silence le verdict de son procès.
Qu'a-t-elle fait pour être traînée en justice, et risquer cinq ans de prison ferme ?
Elle a entretenu des rapports sexuels avec quatre de ses élèves, tous majeurs. Un crime passible d'emprisonnement au Texas, depuis 2003.
Mais pourquoi l'accusée, Deborah Aunus, s'obstine-t-elle à se taire ? Pourquoi son mari, combattant en Afghanistan, se montre-t-il si compréhensif ? Pourquoi les déclarations de sa mère l'accablent-elles ?

Au fil d'un récit implacable, écrit d'une pointe sèche et précise, Oriane Jeancourt Galignani tient le journal de cet ahurissant procès où la vie privée d'une femme est livrée en pâture à la vindicte populaire, et sa liberté sexuelle pointée comme l'ennemie d'une société ultra puritaine. 
Construit à partir d'un fait divers qui a bouleversé l'Amérique, ce huis-clos haletant donne lieu à un roman aussi cru que dérangeant.

Mon avis

« C'est pas parce qu'on ne te voit pas, Sam, que tu es libre de tout faire.» Tout se voit, tout se sait.

Une jeune femme accusée d'avoir eu des relations sexuelles avec des élèves, majeurs. Au Texas, la loi interdit d'avoir de telles relations avec des élèves, même majeurs dans un établissement du secondaire, qu'il y ait ou pas de contrepartie (notes, par exemple).

L'histoire est inspirée d'une histoire vraie, celle de Brittni Nicole Colleps, mais inspirée, car des points divergent, ne serait-ce que la couleur des cheveux (prof de maths, plus blonde dans le roman et moins de partenaires !).

Un tafanàri pas comme la Porte d'Aix (arc de triomphe à Marseille) (c'est-à-dire très gros), mais rebondi, des textos à gogo, un mari absent et des élèves. Le décor est planté. Des rendez-vous à l'heure bleue. Ou à l'heure mauve (pages 11 et 40). Ou tôt le matin.

Des souvenirs qui s'insérent dans les pensées des personnages au fur et à mesure des audiences ; la plupart du point de vue de Deborah Aunus, mais aussi des élèves, de la mère, du mari, des enfants et du juge et de la procureur.

Procureur stricte, prude, se présentant comme parangon de vertu et qui se plaît à décrire les faits, les lieux, les positions, à diffuser une vidéo. Et jurés et visiteurs imaginent aux descriptions, visualisent. 

Le tout dans la chaleur moite du Texas (d'autant que la clim fatigue...). Sauf pour l'accusée, qui semble en dehors, vivre les évènements en dehors, ne ressentir aucune émotion, aucun regret. Elle n'ouvre pas la bouche, « Rien ne la touche [...] mais elle peut nous toucher, elle, telle une glace coupante.» (page 167).

Deborah garde certains secrets pour elle. Nous n'en saurons pas plus.

Une écriture descriptive, qui ne prend pas partie. Mais dont la plume se prête parfaitement à l'histoire.

Bref, une belle découverte littéraire pour moi.

 

Merci beaucoup à Claire pour cette découverte littéraire.
Une nouvelle auteur découverte.

 

Anne des Mots et des Notes clic, MimiPinson clic et Tamara clic l'ont également lu.

 

challengerl rentrée litt 2014 1/6 chez Hérisson