Laura KASISCHKE

277 pages
Editions Christian Bourgois (22 août 2013)

Quatrième de couverture

esprit d'hiver fr

Réveillée tard le matin de Noël, Holly se voit assaillie par un sentiment d angoisse inexplicable. Rien n est plus comme avant. Le blizzard s est levé, les invités se décommandent pour le déjeuner traditionnel. Holly se retrouve seule avec sa fille Tatiana, habituellement affectueuse, mais dont le comportement se révèle de plus en plus étrange et inquiétant...

« Et si c'était elle, le grand écrivain contemporain ? Laura Kasischke, s'impose, livre après livre, comme la plus douée des romancières de sa génération. » François Busnel, Lire

« Douce et inquiétante, experte en malaise phosphorescent et ouaté, de livre en livre, elle a su bâtir un univers sans pareil, suspendu dans la rêverie aveuglante qui précède toujours le drame, ce moment de flottement où la clairvoyance se débat pour se faire entendre. »
Marine Landrot, Télérama.

Mon avis

Un mot me vient à l'esprit (d'hiver) : leitmotiv.

esprit d'hiver us


Mot russe.

Tout d'abord, ce qui m'a gênée : des mélanges de traduction... un pronom féminin au lieu de masculin, par exemple : page 48 : elle la prit dans les mains de Tatty et la déposa dans le Caddie = pour un énorme flacon vert !
Hop, une relecture pour être sûre ! Je me dis : tu lis trop vite, tu as loupé quelque chose. Et bien ici : non.
De même, [Patty] n'était plus la petite fille qu'on emmenait à la crèche, page 154 : phrase obscure pour moi (je "visualise" la phrase en anglais mais je ne "vois" pas sa signification ici).
Là aussi, relecture.
(Je passe sur les explications concernant le téléphone mobile, je n'ai pas non plus tout saisi !)

Le titre est expliqué page 213 : en référence à une poésie de Wallace Stevens, Bonhomme de neige, traduit par Claire Malroux.

 Bonhomme de neige
Il faut posséder un esprit d’hiver
Pour regarder le gel et les branches
Des pins sous leur croûte de neige ;

Avoir eu froid pendant longtemps
Pour contempler les genévriers hérissés de glace,
Les épicéas, bruts dans l’éclat lointain

Du soleil de janvier ; et ne pas imaginer
De détresse aucune dans le bruit du vent,
Le bruit d’une poignée de feuilles,

Qui est le bruit de l’étendue
Emplie du même vent
Soufflant dans le même lieu nu

Pour qui écoute, écoute dans la neige,
Et, n’étant rien lui-même, ne contemple
Rien qui ne soit là et le rien qui est.

Revenons à notre leitmotiv : Quelque chose les avait suivis depuis la Russie jusque chez eux. Deuxième phrase du roman. Et depuis 13 ans. Holly s'en rend compte aujourd'hui, ce jour de Noël et éprouve une angoisse sourde.
Elle ressent le besoin de l'écrire, de coucher ces mots sur papier. Mais ne trouve pas (ne veut pas trouver) le temps de le faire. Elle réalise qu'elle l'a toujours su (page 47). Ces mots, comme un leitmotiv, reviendront plusieurs fois.

De même, on se demande, nous lecteur, quelle est cette chose ?

Autre leitmotiv, l'orphelinat. Autre, la neige qui tombe sans discontinuer. Autre, la poule Sally. Autre, le rôti. Autre, le téléphone mobile. Les amis. La famille.
Et tout au long, Tatiana qui traverse. Tatiana, si jolie jeune fille, si bonne élève, si prévenante, aimante.
Si le style d'écriture, au départ, m'a plu, toutes ses répétitions, voire ce râbachage m'a lassée. Pourtant, je voulais savoir/ Mais ces répétitions m'ont lassée, faisant croire à du remplissage (et le livre est court).

Bref, pour une première rencontre avec Laura Kasischke, j'ai été quelque peu déçue. Joli style, mais voilà, le mot est à nouveau lâché : lassant.

Puisque que cette lecture est un match littéraire, je note ce livre : 12/20 : bien, mais pas plus.

Sharon, pas emballée, Eimelle, plutôt emballée, LilibaDenis, Dawn, ClaudiaLucia, emballés.

challenge rentrée litt 2013

 

 

 

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