Valère STARASELSKI

238 pages
Le Cherche Midi (22 août 2013)

Quatrième de couverture

adieu aux rois

« On venait d'ouvrir le cercueil de Marie de Médicis. [...] Il était [...] en putréfaction liquide. [...] Sa tête était entière et garnie de beaucoup de cheveux.
Aussitôt, il a entendu les [...] ouvriers et autres assistants qui accusaient cette princesse du meurtre de son époux. [...] Ces imprécations signifiaient néanmoins un hommage [...] rendu à la mémoire d'Henri IV toujours chérie, malgré la haine prononcée contre le nom de roi ! Les ouvriers [...] ont arraché et distribué au hasard ses cheveux. Il m'a confessé avoir alors tendu, au milieu du groupe, une main incertaine qui a réussi à en saisir une petite touffe qu'il a eu soin de conserver... »

1793, la France est assiégée. Prussiens, Autrichiens et Anglais cantonnent à quelques heures de Paris. Le bruit court que le roi de Prusse a fait retenir les loges à l'Opéra. Lyon et Bordeaux sont en rébellion contre la Convention tandis que les Vendéens insurgés ont pris Angers et Saumur. Terreur, sauvagerie et férocité caractérisent cette guerre civile.
Le conventionnel Barère appelle à la destruction des mausolées royaux. Les sans-culottes applaudissent et l'abbé Grégoire lui-même s'enthousiasme. Les cercueils des rois et reines de France, princes, princesses, religieux et grands de l'État sont ouverts et leurs corps extraits un à un puis jetés dans deux fosses communes. Un témoin, Ferdinand Gautier, personnage réel, royaliste et catholique fervent, relate jour par jour ces faits à l'avocat robespierriste Marc Antoine Doudeauville...

L'Adieu aux Rois est le septième roman de Valère Staraselski.

 
Un mot de l'auteur
Enfant, j'ai grandi avec les rois et reines de France, avec Bertrand Du Guesclin et le chevalier Bayard. Ils étaient pour les gamins de ma génération ceux qui devaient faire régner le bien et protéger la veuve et l'orphelin...
Nous étions en république, mais à l'école communale, l'histoire des rois prédominait. Aussi, lorsque, j'ai appris que l'on avait déterré leurs cadavres pour la fosse commune en 1793, cela m'a fait mal à l'âme. En plus, cette profanation a eu lieu l'an 1 de la République. Que s'est-il donc passé pour en arriver là ? L'Adieu aux rois est le récit véridique de ce qui s'est passé durant ces quelques jours d'août et d'octobre 1793 à l'intérieur de la Basilique Saint-Denis. Mais plus encore, j'ai essayé de comprendre et de montrer dans quel contexte d'affrontement et d'encerclement guerrier la République française est née...
En fait, il s'agit ni plus ni moins d'un roman de France.

Valère STARASELSKI
Mon avis
 
Citations en incipit :
Nous continuons la France, Paul Vaillant-Couturier
Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas de plein gré, dans des circonstances librement choisies, Karl Marx.
 
J'ai appris dans ce livre ce qu'était une " vinaigrette ", une chaise à porteur, mais je me demande pourquoi il est fait mention plusieurs fois de " la vinaigrette et sa jument grise pommelée " (par exemple page 74). Mystère et boules de gomme.
 
Je partage avec l'auteur son goût pour l'histoire et mon horreur pour cette profanation, cette haine qu'ont eue certaines personnes pour détruire l'Histoire et le Patrimoine, comme ce fut pour les Bouddhas de Bâmyân, en Afghanistan (clic).
Ce livre est une litanie des destructions et profanations de tombeaux, entrecoupées des " précisions et éclaircissements ", je cite, des auditeurs de Ferdinand Gautier, eux révolutionnaires.
Ce livre est un huis-clos, avec unité de lieu, d'action et quasiment de temps : tout ce passe dans la chambre-bureau de Marc Antoine Doudeauville, un an après la décollation (ou décapitation) de Louis XVI, roi mal-aimé car mal connu ; unité d'action, car c'est presque tout le long le récit des destructions ; quant au temps, cela est raconté du 4 au 30 janvier 1794 (pour les inconditionnels, du 15 nivôse (d'ailleurs, il neige dehors dans le récit) au 11 pluviôse an II). 
En bref, forcément pas d'ambiance gaie et entraînante, pas un thriller, plutôt un récit long du fait des énumérations de tous les rois de France, reines et proches inhumés dans la Basilique Saint-Denis, mais un récit instructif pour l'Histoire.
 
Merci ma chère S. pour cette lecture historique.

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