Bernard de SOUZY

431 pages
Editions Jacob-Duvernet (30 août 2012)

Quatrième de couverture

mon père

Jean de Souzy était tortionnaire au sein de l armée française, et dans sa propre famille. Aujourd hui, son fils aîné, Bernard de Souzy, 67 ans, a le courage de raconter son enfance maltraitée et de révéler la face cachée de ce père sadique, ultra-violent, fanatique et pervers. Officier pendant la guerre d'Indochine et celle d'Algérie, instructeur auprès de la junte argentine à la fin des années 1970, le capitaine Jean de Souzy a imposé une autorité sans limite à son entourage. Le portrait qu'en tire son fils est saisissant. Il a su restituer, au travers d'un récit effrayant, l'horreur ordinaire de la vie de l'enfant martyr qu il était. Mon père, ce tortionnaire est un témoignage d'une incroyable rareté sur ces monstres secrets que sont les tyrans domestiques, invisibles aux yeux de tous mais véritables fléaux de l'intimité familiale. Ici commence l'inimaginable torture d'enfants innocents. Leur calvaire quotidien est sans retour et les traumatismes sont tels, qu ils resteront à jamais prisonniers de ce passé nauséabond et déshumanisé. 
En mêlant ses propres souvenirs aux carnets personnels de son père un document exceptionnel sur la guerre d'Algérie où un tortionnaire de l'armée française se livre avec complaisance , Bernard de Souzy tente, cinquante ans après, de remettre de la lumière là où il n'y en a jamais eu. Si ce texte ravive les douleurs et les peines, il est un message d'espoir, et surtout un acte de courage d'une force phénoménale qui peut se résumer en quelques mots : vivre, malgré tout. 

Bernard de Souzy, artiste peintre de renom, vit au Maroc, où il peint et écrit.

Mon avis

Titre en écho au "Mon père, ce héros" de Victor Hugo.

La quatrième de couverture parle de la junte militaire argentine... pas développé dans le livre.

Le bleu de Prusse, couleur qui traverse le livre comme un fil rouge...

Le livre se compose de deux parties : le récit de Bernard, enfant et des extraits des carnets de son père.

Bernard et son frère Marc donneront plusieurs surnoms à leur père pour "l'éloigner" d'eux : Cacapa (en écho aux Cacapots dont leur père les avait affublés), M... de chien, son grade de lieutenant ou "ma mère et son mari"

La première (et plus grande partie) est le récit de Bernard retraçant sa vie d'enfant martyr de 5 ans et demi à 12 ans environ. Poignant. Comment (même dans les années 50) cela peut arriver, se reproduire, se savoir ? Et de ne pas être dénoncé ? Mais avant tout comment un père peut battre ses enfants ? Martyriser sa famille  ? Faire vivre ses deux garçons (aînés) comme des chiens, dans le froid. 

Le récit est poignant, parce qu'il est bouleversant, terrifiant.

Au fur et à mesure, il intercale des passages "après", de sa vie d'adulte.

La seconde partie se compose des carnets de son père : un citation dudit tortionnaire : La torture est un art qui se distille, et vis-à-vis duquel il faut savoir prendre son temps. (page 323) : qui se distille, mais tous les jours et de façon violente.

Ce que je regrette : rien après 12 ans, alors qu'il était encore mineur et donc toujours "sous la coupe" de son père (comme celui-ci se plaisait à le répéter à sa famille), il est écrit qu'il y ait des séquelles psychologiques et physiques, mais il aurait été appréciable de savoir "comment" ils s'en étaient "sorti". L'auteur dit qu'il est l'aîné : 3 garçons et une fille, mais sa mère a été enceinte d'un cinquième enfant. Mais on en sait pas plus.

Pas de conclusion. Le livre se termine brusquement. Comme inachevé.

Livre facile à lire, écriture simple, fluide.

Une polémique est née, ce serait une falsification. Les avis divergent.

Merci à Delphine et aux Editions Jacob Duvernet.

Les autres participants à cette lecture : Chrisdesîles et Achille49.

 challenge rentrée litt 2012 chez Hérisson Mimi (5/7) et Challenge-douce-France d'Evy (Tour Eiffel : 7/10)