Daniel TAMMET

288 pages
Editions J’ai Lu (2009, 2006 pour l’édition grand format)

Quatrième de couverture

jour bleu

«  Je suis né le 31 janvier 1979. Un mercredi. Je le sais parce que dans mon esprit, le 31 janvier 1979 est bleu ».

Daniel Tammet est un autiste savant aux capacités hors du commun, un génie des nombres. Il a ainsi mémorisé les 22514 premières décimales de Pi, parle sept langues et a appris l'islandais en quatre jours. Pour lui, les nombres sont des formes et des couleurs.

Dans ce témoignage plein d'espoir, il explique comment il a mis toute son énergie pour sortir de ces ténèbres qui l'ont longtemps coupé du monde et comment il a réussi à se socialiser. Un voyage en couleur qui entrouvre la prison de l'autisme.

« Daniel Tammet décrit la beauté et la force de son esprit d’une manière hallucinante. Un livre saisissant. » The New York Times
« La vie quasi normale d’un garçon ayant accepté sa différence. Heureux du chemin accompli. » Psychologies

Aujourd'hui, Daniel Tammet a 30 ans. Il vit près d'Avignon avec Jérôme, son compagnon.

Mon avis

Page 45, en maternelle, il écrit : « Doucement, je crois que le sentiment d’être différent commençait à faire son chemin en moi. Mais pour une raison quelconque, cela ne me gênait pas. Pour être heureux, il me suffisait de jouer seul ».

Daniel Tammet se sent différent. On le trouve « bizarre ». Peu à peu, il va faire son bonhomme de chemin, malgré les embûches (les autres enfants le bousculent, voire le frappent). Il va s’en sortir.

Mais le plus intéressant, c’est qu’il se raconte. Il raconte ce que c’est. Ce qu’est qu’être atteint d’autisme et plus particulièrement du syndrome d’Asperger. Et là, on touche du doigt ce handicap.

Pour lui, les chiffres et les lettres ont des couleurs, il visualise mots et nombres, qui ont des formes, des tailles différentes ; les mathématiques sont pour lui comme une chanson. Il illustre ses propose par des exemples, des dessins qui permettent de comprendre.

On entre dans son cerveau, on comprend ce qui le bloque, voire comment il compense.

Ainsi, il écrit pages 206-207 : « Certaines structures de phrases peuvent être particulièrement difficiles à analyser, comme : « Il n’est pas inexpérimenté dans ces choses », où les deux négations (« ne… pas », « in- ») s’annulent. C’est beaucoup plus facile si l’on dit : « Il a de l’expérience dans ces choses ». Un autre exemple concerne les phrases interro-négatives. « Ne pensez-vous pas que nous devrions partir ? » ou « Ne voudriez-vous pas une glace ? ». Dans ces cas-là, je deviens très confus et ma tête me fait mal parce que celui qui pose les questions ne dit pas clairement ce qu’il pense, à savoir : « Voulez-vous une glace ? » ou « Il est exact que vous ne voulez pas de glace ? », deux questions auxquelles on peut répondre par oui.

Un livre qui a raisonné en moi pour une raison particulière. Mon fils Grand Ange étant dyslexique et dyspraxique, j’y ai retrouvé les difficultés (certes, d’un ordre différent) que peut rencontrer un enfant qui se sent et se sait différent et qui lutte pour lire, écrire et compter, bref, pour être normal. J’avais lu le témoignage d’une formatrice, elle-même dyslexique, qui permet de « voyager dans la tête d’un dyslexique » (n'hésitez pas à cliquer sur le lien).
C’est dur, c’est un combat de tous les jours.

A lire, pour ce témoignage du syndrome d’Asperger par un Asperger !