Laurent BINET

443 pages
Editions Livre de Poche (mai 2011)

 lecture commune 3
avec Agathe, Isabelle, Flof13Emisa, Gigi-Sempai, Caroline, Tousleslivres et son instigatrice, Hélène Choco

Quatrième de couverture
HHhHPrague, 1942, opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchèques sont chargés par Londres d'assassiner Reinhard Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale, le « bourreau de Prague ».
Heydrich, le bras droit d'Himmler. Chez les SS, on dit de lui : « HHhH ». Himmlers Hirn heißt Heydrich – le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich. Dans ce livre, les faits relatés comme les personnages sont authentiques. Pourtant, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique. L'auteur doit résister à la tentation de romancer. Il faut bien, cependant, mener l'histoire à son terme…

Laurent Binet montre la lutte que se livrent dans son roman et dans son esprit le savoir documentaire et l'invention fictionnelle, privilégiant très souvent le premier, parce que plus fidèle à la complexité du réel, mais réussissant, sans rien nous masquer de ses hésitations ni des raisons de ses choix, à créer une oeuvre haletante, d'une originalité absolue.
Claude Lanzmann. 

Un écrivain qui accomplit la prouesse d’à la fois narrer l’Histoire authentique, tout en insérant sa vision du monde […].On trouve de tout dans HHhH : on y cite Tarantino, Chaplin, Bogart, les films de Fritz Lang et de Douglas Sirk [+ Jonathan Littell, Philippe Roth et Robert Harris, entre autres] (entre [ ], rajout de ma modeste plume).
Philippe Labro, Le Figaro. 

Mon avis

Prix Goncourt du premier roman en 2010 et prix des lecteurs du livre de poche en 2011.

Laurent Binet pensait intituler son livre Opération Anthropoïde, mais il "a cédé", écrit-il à son éditeur qui trouvait le titre "trop SF, trop Ludlum" (pages 137 et 138) ; de même, à la demande de son éditeur, il a retiré une vingtaine de pages de critique des Bienveillantes de Jonathan Littell (acheté dès sa sortie, toujours pas lu), apprend-on sur wikipedia, page HHhH ; mais l'auteur en cite un certain nombre.

Qu'en ai-je pensé ?
Dommage...
L'auteur raconte qu'il est "tombé en amour" de ce pays et que cette histoire le hante. Il fait de nombreuses recherches. Et l'écrit, le re-écrit, choisit de privilégier les faits, refuse d'inventer des dialogues et s'excuse lorsqu'il le fait, se voulant "humble". Ben non ! A le répéter sans cesse, cela ne fait pas "humble" du tout.
Une fois, ça va ; trois fois... plus encore : stop !
Ces digressions alourdissent le livre, ça en devient agaçant.

Et (je ne peux m'en empêcher, surtout quand quelque chose m'agace) de relever quelques petites bricoles : 
- page 115 : 35 ou 36 Juifs tués ?
- pages 311-312 : Auberge des 2 ou des 3 chats ? 

Dommage, parce que ce style "désolé, je ne veux pas inventer", c'eut été bien, en introduction, dans le premier chapitre, mais après, tout le long du livre, ça lasse, ça casse le rythme de lecture : on atteint un point critique et vlan, juste avant, schplaf le couplet "j'veux pas inventer" : cela m'a rappelé La Délicatesse de David Foenkinos et ses digressions.

Operace_Anthropoid_-_Jozef_GabčíkDommage, parce que ces coupures m'ont empêchée d'apprécier ce livre, au demeurant bien écrit ; la force deOperace_Anthropoid_-_Jan_Kubiš Jozef Gabčík (à gauche) et Jan Kubiš (à droite, photos issus de wikipedia) (noms copiés sur wikipedia, pour avoir l'orthographe de leurs patronymes) qui ont vécu et qui sont morts pour leur pays (l'un est slovaque, l'autre, tchèque), qui ne se sont pas rendus, ont lutté jusqu'à la dernière seconde.

Une histoire de l'Histoire, belle à en mourir.
Mais sa rédaction m'a gênée. 

Deux challenges : challenge histoire 3 lynnae chez Histoire chez Lynnae 
et Challenge-douce-France chez Evy.