Emma DONOGHUE

400 pages
Editions Stock (août 2011)

Présentation de l'éditeur
Room fr« Room appartient à cette espère si rare, celle des vraies oeuvres d’art. Vous dire qu’il ne ressemble à aucun autre livre est pour moi le plus beau des compliments. Il suffit de décrire sa puissance, sa beauté sombre et pleine de révélations. » Michael Cunningham

Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. 
Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance.room gb
Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Maman fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s’enfuir. 

Mais l’enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers ? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l’enfant né de la captivité d’une femme ?

room noRoom interroge la capacité de survie qui existe en chacun de nous, tout en célébrant les pouvoir du récit et du langage. Mais l’auteur résume magnifiquement son principal objet de réflexion : « Le drame essentiel de la parentalité : comment l’on passe d’un instant à l’autre du rôle de celui qui console à celui qui persécute, tout comme les enfants passent leur temps à illuminer notre vie et à nous rendre fous. J’ai essayé de saisir cette étrangeté et ce paradoxe. Devenir parent suscite les émotions les plus folles qu’on puisse ressentir. »

Mon avis
« Stupéfiant, terrifiant... Que Donoghue soit capable de produire un texte aussi lumineux à partir de tant d'horreur est la preuve de la puissance de son imagination. » The New Yorker.

Cela traduit bien ce que je pense.room usa
Une claque : un style, une fluidité d'écriture, un regard sur le monde, son monde (la pièce), puis le (vaste) monde.
room usa 2C'est d'ailleurs également ce qui m'avait semblé quelque peu étrange : un petit garçon aussi doué, puisque c'est lui qui raconte. Puis nous découvrons (et nous avons la confirmation) que ce petit garçon de seulement cinq est "en avance", puisqu'il sait lire et compter (enfermés, sa mère a développé l'intellectuel plus que le physique).

J'aime ce mot (mot-valise ?) inventé par l'enfant : un a-mal-gésique, si joli avec son préfixe grec "a" (sans) et "mal"...

Et que dire de l'apprentissage dans le vaste monde ? Superbe ! On y s'y croirait... Le détachement et la curiositéroom russie du petit garçon, à qui on enseigne ce qui est bien et ce qui ne l'est pas, mais comment cela peut sembler "logique" à un petit garçon qui n'a connu jusqu'alors que l'espace confiné des quatre murs de la pièce ? 

coup de coeur asphodèle 2Tentée par les billets sur les blogs, réservé (et attendu longuement) à la bibliothèque de la grande ville pas trop loin, lu dès la sortie de la bibliothèque, dévoré en deux jours : un coup de poing. Et un coup de cœur. 

Pour voir l'aménagement de la chambre, cliquer sur le site du livre (en anglais, mais on peut regarder le dessin de la pièce !) oudrapeau canadien aller sur le site de l'auteur

biblio 1Couvertures : française, canadienne/anglaise, norvégienne, deux américaines et russe : deux modèles !

Challenge rentrée litt chez Herisson (10/7)