Sylvie GERMAIN

265 pages
Folio (2007)

Prix Goncourt des Lycéens 2005

lecture commune 3 avec Somaja

manusQuatrième de couverture
" D'un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d'incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire ? "

Franz-Georg, le héros de Magnus, est né avant la guerre en Allemagne. De son enfance, " il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi videqu'au jour de sa naissance ". 
Il lui faut tout réapprendre, ou plutôt désapprendre ce passé qu'on lui a inventé et dont le seul témoin est un ours en peluche à l'oreille roussie : Magnus".
Dense, troublante, cette quête d'indentité a la beauté du conte et porte le poids implacable de l'Histoire. Elle s'inscrit au cœur d'une œuvre impressionnante de force et de cohérence qui fait de Sylvie Germain un des écrivains majeurs de notre temps.

Mon avis

Livre acheté à sa sortie en poche... à cause de sa couverture !
Grande arctophile (collectionneuse d'ours en peluche, sous toutes ses formes) devant l'Eternel, je ne pouvais que céder ! [raison pour laquelle j'ai aussi acheté Thérapie de Sebastian Fitzek...]
Et ce qui ne gâche rien, l'ours en couverture est celui qui est décrit dans le livre ! 

On suit ce petit garçon jusqu'à sa vie d'homme adulte...
Au risque de me répéter (après Berlin et Passions criminelles), Franz-Georg subit les évènements. Il n'agit pas dessus. Il les laisse couler sur lui...  
A Friedrichshafen, il entame sa fuite, petit garçon, il suit sa mère dans sa déchéance... [aucun rapport avec le roman : si vous le pouvez, visitez le musée Zeppelin ! ]. Il y apprend le décès de son père. 

Puis il continue d'échapper à son destin, en fuyant. Il fuit, encore et toujours : mais sans se retourner sur son enfance. C'est en cela que je trouve qu'il subit, sans agir. Sans chercher son enfance. J'ai eu envie de le secouer...

Une chose m'a gênée... les digressions, comme dans La Délicatesse, des fragments (= l'histoire), des séquences, des résonances, des notules... mais bon, ici, pas de code de porte d'entrée ou de recette de cuisine !

Sinon, écriture fluide (avec des digressions, grrr), même si le héros subit (les dernières pages... pas compris tout le sens... ou l'utilité).

Aimé ? Pas aimé ? Plutôt... aimé, même si j'aurai volontiers secoué le héros !

Allons voir ce qu'en pense Somaja.

Et Enna, qui l'a lu et qui organise le challenge goncourt lycéens Enna lit (toutes les infos ici).