Sofi OKSANEN

513 pages
Editions Stock (7 septembre 2011)
Stalinin lehmät (2003)

Merci à Rémi de Price Minister pour ce match littéraire
(pour sa patience)
match litt price minister

Quatrième de couverture
vachesLes « vaches de Staline », c’est ainsi que les Estoniens déportés désignèrent les maigres chèvres qu’ils trouvèrent sur les terres de Sibérie, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. C’est aussi le titre du premier roman de Sofi Oksanen, dont l’héroïne, Anna, est une jeune Finlandaise née dans les années 1970, qui souffre de troubles alimentaires profonds. La mère de celle-ci est estonienne, et afin d’être acceptée de l'autre côté du « Mur », elle a tenté d’effacer toute trace de ses origines et de taire les peurs et les souffrances vécues sous l’ère soviétique.

Sofi Oksanen décrit avec une grande puissance d’évocation quand elle décrit les obsessions de ces deux femmes : Anna ne pense qu'à contrôler l'image de son corps, tandis que sa mère raconte sa rencontre avec « le Finlandais », à Tallinn, dans les années 1970, avec une sorte de distance glaçante, comme si sous ce régime de surveillance, la peur s'infiltrait jusque dans les rapports de séduction. Ne serait-ce pas ce passé qui hante encore le corps de sa fille ?

Mon avis

L'arrivée de ce livre chez moi... fut épique ! Facteur qui "oublie" de sonner, papier dans la boîte aux lettres pour colis disponible 48vaches SF heures plus tard (si si, vive la campagne !), centre de tri local qui "oublie" de remonter les colis à mon bureau de poste ouvert deux heures par jour, vacances, re-centre de tri local oublieux, travail à mon bureau quand bureau de poste ouvert... bref, j'ai pu envoyé plus tard mon mari chercher ledit colis et cela tombait pile pendant les semaines de "lectures professionnelles".... grrr... re-bref : je me suis jetée dessus dès que possible !!!

Récit d'Anna, entrecoupé par le récit de sa mère de l'autre côté du Mur. Anna a honte d'elle, de ce qu'elle est : boulimique, anorexique et à moitié-estonienne. Au moins au début : Cette gêne était enfouie dans la même cachette que mon origine estonienne [...] Anna est devenue une fille qui n'a honte de rien, elle qui n'était que honte et silence, silence de la honte et honte du silence. [...] Ou est-ce que c'était bel et bien de la peur ?

vaches SF 2Elle a appris à cacher son origine estonienne, vécue comme une tare. Même en Finlande. Sa mère lui a appris, cette peur, cette manie de masquer est devenue naturelle chez elle et elle a transmis cela à sa fille.

La peur est partout, surtout en Estonie soviétique où il ne fallait jamais parler, ne rien faire : La grand-mère soupçonnait tour à tour Linda et Maria, la mère soupçonnait n'importe qui, moi je me taisais et j'écoutais comment on se méfiait les uns des autres, chacun étant accusé de tous les maux, car l'être humain est fondamentalement mauvais. Et, avant tout, égoïste. Le socialisme ne réussirait jamais ailleurs que sur le papier pour la seimple raison que les doigts de tout le monde ne se tendent que vers soi, vers l'intérieur, même quand la main s'avance pour donner.

Quelques passages sur la Sibérie... Le livre de cuisine de Leeve est simple : on fait de la soupe de pommes de terre avec des pommes de terre et de l'eau, la soupe de farine avec de l'eau et de la farine, la soupe de choux avec de l'eau et du chou. Le pain se prépare avec des graines de mauvaises herbes, de l'armoise et des glumes de blé, et s'assaisonne avec de la farine.

Puis quelques passages nostalgiques d'Anna qui se souvient de certains bonbons que l'on trouvait de l'autre côté du mur, de telvaches DK magazine, etc. Des couleurs : le rouge soviétique omniprésent (rouge à lèvres), le vert russe (postes de douanes), le bleu kholkoze.

Sinon, c'est la boulimie-anorexie ou "boulimarexie" comme la dénomme Anna.

Du coup, même si le livre est bien écrit... cela m'a semblé long. Ces passages sur ses séances de bouffe, sur la meilleure façon de vomir...  on tourne en rond.

Donc le livre m'a bien plu. Sauf que l'anorexie, ça devient lassant.

Une remarque : la première partie se déroule de la page à la page 474, la deuxième, de 475 à 494 et la troisième, de 495 à 513. Chacune avec une petite différence (je ne veux pas dévoiler...), mais différence sans grande importance.

vaches NoEn bref : bien. Très bien pour l'Histoire, la Finlande, l'URSS, mais très bof pour le vomitou à gogo.
Mais ni les personnages à fort caractère ni la puissance de l'écriture de Purge ne sont (pas encore) là. 
Ce livre est le premier de l'écrivain (ceci explique cela et pardonne). 

Merci à Rémi de Price Minister pour Les Vaches de Staline (où vous trouverez des ouvrages à des prix fort intéressants) qui m'a permis de découvrir le premier livre pour l'un, le second pour l'autre (Désolations).
(une petite remarque : sur Price Minister, j'ai cherché la fiche à "littérature nordique" ou "littérature balte" : pas trouvé, c'était rangé à "littérature scandinave" : c'est mon dada, vous le savez : la Scandinavie = Danemark + Norvège + Suède ; Pays nordique = Scandinavie + Finlande + Islande).

Deux couvertures finlandaises, une danoise et une norvégienne.

D'autres avis : Clara & les mots, plus enthousiaste, Aifelle, Aproposdelivres et Fransoaz, plus nuancées.

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chez Kathel              chez Prune                 chez Bambi Slaughter   chez Herisson (6/7)