Kjell ERIKSSON

381 pages
Editions Gaïa (août 2010)
titre original : Nattskäran (l'engoulevent)

Quatrième de couverture
engoulevent" Qui a vu l'engoulevent voit sa mort ", dit un proverbe tant suédois qu'iranien à propos d'un oiseau connu aussi pour annoncer le printemps. La ville tranquille d'Uppsala est le théâtre d'une série d'actes de vandalisme. Les vitrines de la rue commerçante volent en éclats et un jeune homme est retrouvé assassiné. Des groupes néo-nazis aux populations immigrées, tout le monde est suspecté, jusque dans les rangs de la police. À peine revenue de congé parental, la commissaire Ann Lindell partirait bien en vacances : elle peine à calmer les ardeurs de son collègue Ola, et on vient de l'inviter en voyage en Thaïlande. Qui ? Le bel Edvard. Son amant perdu, le seul homme avec lequel elle aurait bien voulu vieillir.

Kjell Eriksson est né en 1953 à Uppsala en Suède. il entame une carrière de jardinier et fait de la rose son domaine de prédilection. Un reportage qu'il réalise sur la vie d'agriculteur l'amène nattskarranà troquer le sécateur contre la plume. Déjà parus : La terre peut bien se fissurer, Le cercueil de pierre et La princesse du Burundi.

Mon avis

Un bon polar suédois : il y a tous les ingrédients : il y a du soleil certes, les nuits sont fraîches (voire très chaudes) (ça chauffe dès les premières pages), des rues et des personnages aux noms (un peu) imprononçables (mais non, si peu... c'est une question d'entraînement ;) ), une héroïne qui se pose beaucoup de questions (mais ici, elle n'a pas de tare monstrueuse, avec nattravnen noun penchant pour la dive bouteille comme Malin Fors ( clic ici et )). Bien construit. Pas de temps mort : pour une fois, c'est un polar scandinave qui va à 100 à l'heure !

Une vision de l'intérieur des immigrés... Ali, sa mère Mitra et son grand-père sont venus d'Iran. Ali ou Ann Lindell, la commissaire, parlent de cette condition d'immigrés. Ce que certains Suédois peuvent ressentir envers les immigrés ; ce qu'Ann s'empêche de penser, le travail clandestin... Comme toujours depuis Sjöwall et Wahlöö (clic sur les noms) les initiateurs du polar scandinave), une petite analyse de la société suédoise.

Un défaut ? Trop de noms de personnages dans les premières pages ! Difficile de retenir qui est qui (surtout quand on découvre une série en cours de route). D'autant plus quand plusieurs personnages portent le même nom (ici, deux Andersson, aussi page 213), d'où l'utilité de l'utilisation fréquente du second prénom.
Je m'explique : il y a des pages et des pages d'annuaire téléphoniques de personnes s'appelant Andersen à Copenhague natravnen(Danemark) (et c'est pareil en Norvège et en Suède). Donc, on accole les deux prénoms à son patronyme : par exemple, Han Christian Andersen. Mais un seul auteur des "Contes d'Andersen"... Malgré tout, il peut exister plusieurs Jan Lars Christiansen à Copenhague, Odensee ou Aalborg ou Århus...

Un extrait ? Page 337 : Il croisa un groupe de touristes gesticulant et se coupant la parole, avec l'impression qu'il s'agissait de Français. Arghhhh ! Le cliché ! (quoique... il y a beaucoup de vrai dans le cliché !).

En bref : un très bon polar bien construit. Comme toujours dépaysant !

 (couvertures suédoise, norvégienne et danoise (je ne comprends pas trop la neige sur la couverture))

et deux challenges !

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