Anne DELAFLOTTE MEHDEVI

Editions Gaïa (septembre 2010)
327 pages

fugueQuatrième de couverture
Madeleine s'enfuit de l'école le jour de la rentrée. Sa mère, folle d'angoisse, crie son nom le long de la rivière. L'enfant est saine et sauve, mais Clothilde y perd la voix. Sa voix du quotidien, sa voix de mère, de fille, d'amie et d'amante lui fait désormais défaut. Clothilde consulte, se refuse aux traitements, se heurte à l'incompréhension de tous. Et, contre toute attente, prend des cours de chant. La voix chantée de Clothilde est belle, sublime même. Passionnée de musique depuis l'enfance, comment pourrait-elle se détourner de ce talent qui affleure ? Un portrait de femme d'une tonalité bouleversante.

Anne Delaflotte Mehdevi est née en 1967 à Auxerre. Elle grandit près de Saint-Sauveur-en-Puisaye où est née Colette. Elle suit des études en droit international et diplomatique et pratique le piano et le chant lyrique. Depuis 1993, elle vit à Prague où elle exerce le métier de relieur, parallèlement à son travail d'écrivain. Après La relieuse du gué (Gaïa, 2008), Fugue est son second roman.

Mon avis

Qu'en dire ? Une jolie plume, de la musique (trop peut-être de termes musicaux pour les profanes), une jolie histoire. Mais pas emballée.
Un début prometteur, emballant comme un morceau de musique (c'est d'ailleurs là qu'il y a le plus de références musicales). Puis des longueurs, puis cela se réaccélère dans les toutes dernières pages. J'en suis venue à bout.
Un conte musical, mais sans plus. J'envisage mal quelqu'un qui ne peut plus parler mais qui chante divinement. Avec une autre voix que la sienne... Musicienne de formation, elle ne s'était jamais rendue compte qu'elle chantait bien ?
Des bons et beaux passages, de la poésie. Mais je suis restée sur ma faim, après des commentaires élogieux.

Merci à Alex pour cette lecture musicale (je n'ai pas qu'écouté Cécilia Bartoli) (j'ai eu envie de réentendre Freddy Mercury et Montserrat Caballe). J'aime l'opéra, j'ai visualisé.

Les fugues se jouent, ne se font pas (page 13).

Pourquoi une fugue ? A cause des liens qu'elle tisse : Morceau de musique dans lequel différentes parties se suivent, se succèdent, se poursuient tour à tour, en répétant le même sujet d'après des règles établies. On parle de sujet, contre-sujet, réponse, ces diverses parties se répondant de sorte que l'oreille les reconnaisse toujours. (page 275)

(devant l'école, face aux autres mères) Clothilde passe comme une ronde tenue, traversa les espaces de silence, les grappes de mère-croches et de triolets. Elle perçut un soupir, approcha une vague de sons qui confluaient vers un même point en crescendo, essuya une salve d'accords épars, éclatés, dissociés ici. En canon là-bas ? (page 23).

Madeleine, la fillette qui avait fui, demande (page 50) : " Maman, pourquoi est-ce que les mamans ont seulement une vie ? "
Je me pose aussi la question...

Pour le déjeuner, Clothilde prépara pour Vincent un risotto au safran et à la mauvaise grâce, garni de raisins secs, de besoin de lui et de poivrons rouges, d'un peu d'ail, de culpabilité, de colère et de lamelles de jambon fumé (page 59).

Le billet d'Alex, plus enthousiaste ici, ceux de Kathel, d'Hathaway et de Lasardine, comme moi,