Sofi Oksanen

400 pages
Editions Sotck (Cosmopolite) (25 août 2010)
Puhdistus ("nettoyage, purge")

PurgePrésentation de l'éditeur

« Un vrai chef-d’oeuvre. Une merveille. J’espère que tous les lecteurs du monde, les vrais, liront Purge. »
Nancy Huston

En 1992, l’union soviétique s’effondre et la population estonienne fête le départ des Russes. Mais la vieille Aliide, elle, redoute les pillages et vit terrée dans sa maison, au fin fond des campagnes.
Ainsi, lorsqu’elle trouve Zara dans son jardin, une jeune femme qui semble en grande détresse, elle hésite à lui ouvrir sa porte. Ces deux femmes vont faire connaissance, et un lourd secret de famille va se révéler, en lien avec le passé de l’occupation soviétique et l’amour qu’Aliide a ressenti pour Hans, un résistant. La vieille dame va alors décider de protéger Zara jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix.
Sofi Oksanen s’empare de l’Histoire pour bâtir une tragédie familiale envoûtante. Haletant comme un film d’Hitchcock, son roman pose plusieurs questions passionnantes : peut-on vivre dans un pays occupé sans se compromettre ? Quel jugement peut-on porter sur ces trahisons ou actes de collaboration une fois disparu le poids de la contrainte ?
Des questions qui ne peuvent que résonner fortement dans la tête des lecteurs français.

Sofi Oksanen est née en Finlande en 1977, d’une mère estonienne et d’un père finlandais. Elle est devenue en trois romans et quelques pièces de théâtre un personnage incontournable de la scène littéraire finlandaise. Purge a marqué la consécration de l’auteur, qui a reçu en 2008 l’ensemble des prix littéraires du pays, mais le roman a également enrichi le débat historiographique sur cette période de l’occupation soviétique.

PuhdistusMon avis

Après le prix du roman Fnac, Sofi Oksanen a reçu le prix Fémina étranger. Dès sa sortie, en 2008, Purge a reçu différents prix : l'équivalent du Goncourt en Finlande, mais aussi le prestigieux prix littéraire du Conseil nordique (Danemark, Norvège, Suède, Islande et Finlande).

La lame fraîchement aiguisée de la faux brillait avec éclat malgré la lumière émoussée par la pluie (page 23)

[...] Zara avait senti comment le regard de la grand-mère pénétrait en elle par ses yeux, dans sa bouche, dans sa gorge, et comment sa gorge se nouait, et comment le regard de la grand-mère était descendu de la gorge vers le coeur au ventre, et son ventre avait commencé à se tordre, et il était descendu du coeur au ventre, et son ventre avait commencé à se tordre, et il était descendu dans les jambes qui s'étaient mises à flageoler, et des jambes, il était descendu aux plantes des pieds qui s'était mises à picoter [...] (page 63)

Les mots de Martin étaient tranchants comme la faucille et percutants comme le marteau (page 181)

Qu'en dire ?
Une petite vieille recueille une jeune fille. Chacune se souvient. Chacune raconte quelques bribes à l'autre. le tout au milieu de fruits et de légumes mis en conserve. Solitude. Vie. Survie en Estonie. Survie à Vladivostock. Leurs histoires se croisent. Qui sont les méchants ? Qui sont les gentils ? La vie dans un pays du blog de l'est. Les manipulations.

Chaque chapitre est précédée de l'année et du lieu : "1952, Estonie occidentale". Le roman est basé sur des petits extraits de Hans, l'histoire d'Aliide qui a connu les Allemands, puis les Soviétiques dans son pays avant la chute du mur de Berlin et celle de Zara, de Vladisvostock en Estonie. Leurs histoires ne sont pas racontées dans l'ordre chronologique, mais dans un ordre logique, qui nous en apprend plus sur le passé despersonnages. D'autres extraits enfin, qui nous éclairent.
Le tout, distillé par petites touches, au milieu des pots de confitures et des préparations médicinales à base de plantes.

Au début, une carte de cette région de l'Europe ; à la fin, des répères chronologiques : à lire en prempioch__en_bibier.

En bref: un pur régal !
N'hésitez pas à le lire.coup_de_coeur

Le site de l'auteur (et sa coiffure si particulière...) : clic ou pour découvrir d'autres couvertures.

Leilloona a aimé, Keisha aussi ou Dasola ou encore Aiffelle.

(outre une ou deux bibliothécaires, j'ai été la première lectrice à l'emprunter aux bibliothèques de Marseille : trop forte la Lystig ! Je vérifiais tous les deux jours sur le site si on pouvait le réserver et qu'il n'était plus en préparation (recouvrir, antivol,...)