Fjenden i spejlet

Leif DAVIDSEN

Editions Gallimard (Folio Policier), 2008
523 pages

ennemiPrésentation de l'éditeur

Dans le désert de Death Valley, en Arizona, un homme encore jeune rentre d'une semaine passée à faire le guide de survie pour des touristes japonais. Il se réjouit de retrouver la vie de citoyen modèle américain qu'il s'est patiemment construite. Il est compétent, discret, propre sur lui. Il a femme, travail et enfants. Personne ne sait que derrière cet anonymat fragile se cache un vétéran de la guerre de Bosnie traqué pour un nombre impressionnant de meurtres sous contrat. Personne ne sait les cauchemars qui le hantent ni qu'il répond au prénom de Vuk, mieux connu par toutes les polices sous le surnom du Danois serbe. Personne... jusqu'à ce que les attentats du 11 Septembre ébranlent le monde. Rattrapé par son passé, mis au secret, Vuk est obligé de reprendre du service. Les hommes qui le tiennent sont américains. Ils ne lui laissent aucune chance...

Biographie de l'auteur
Leif Davidsen, né en 1950, est danois. Après avoir sillonné l'Europe (grand reporter dans les pays de l'Est pour Radio Danemark), il s'est consacré pleinement à l'écriture de thrillers aux intrigues basées sur son excellente connaissance des pays de l'ex-URSS Gaïa Editions a déjà publié en France huit de ses romans dont La photo de Lime, La femme de Bratislava ou Le Danois serbe.

Mon avis
Ce roman fait suite au Danois serbe (que je n'ai pas lu), mais cela ne gêne en rien la lecture.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont eu des répercussions aussi au Danemark. Petit pays, qui ne semble pas a priori impacté. Mais une cellule se crée au sein des services secrets danois, composé d'espions auxquels se joint une jeune femme d'origine arabe.
Bien sûr, quelques clichés (au goût de madeleine pour moi) sur le Danemark, comme manger au kiosque un hot-dog (sur la Rådhus Pladsen) (place de la mairie). On trouve beaucoup de kiosques (des chariots, comme on peut en voir dans les films américains) où l'on peut manger des hot-dogs (qu'est-ce que j'ai pu en manger, même au sortir d'un café ou du cinéma !) ou des glaces
(même en plein hiver).
(c'est peut-être la raison pour laquelle on peut déguster des hot-dogs derrière les caisses du grand suédois...).

On y voit une description de la société danoise, de la façon de voir les immigrés par les Danois de souche ; pas du racisme, mais de la "non connaissance" de l'autre. Mais l'auteur montre aussi le point de vue de la jeune femme, partagée entre ses deux cultures et le monde qui les sépare.

Deux histoires : celle de cette cellule, avec Per Toftlund, commissaire et espion, et le Danemark et l'histoire de Vuk, ce Danois aux origines serbes, recherché sur tous les continents et recruté par la CIA. Vuk et Per Toftlund, serait-ce l'histoire qui recommence ? (dans le Danois serbe).

Bref : même sans ce goût de madeleine, un polar riche : en évèments, aux personnages bien brossés, des histoires personnelles qui s'emmêlent et se démêlent, des paragraphes riches d'enseignement sur la religion musulmane, sur le système de prêt "bancaire" (l'auteur connaît son sujet).

On est impatient d'arriver au bout, de connaître la fin.

J'ai beaucoup aimé !

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